Obama relance la centrale « propre » chère à Bush

Le 06 août 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Dans le domaine de l’énergie, les politiques de rupture sont rares. Et l’administration Obama semble découvrir ce principe. Après avoir amorcé un début de reculade sur la gestion des déchets radioactifs, le secrétariat à l’énergie [DOE selon l’acronyme américain] relance un projet de centrale au charbon, initié puis abandonné par le gouvernement de George W. Bush.

Baptisé FutureGen, ce projet visait à construire une centrale au charbon utilisant la gazéification intégrée à un cycle combiné (GICC). Peu employée, car complexe et coûteuse, cette technologie permet de gazéifier le combustible avant de le brûler. Ce qui réduit sensiblement les émissions de polluants. A cette chaudière particulière, les promoteurs du projet entendaient raccorder un dispositif de capture du CO2. Le gaz carbonique devant être ensuite séché et comprimé pour pouvoir être injecté dans une formation géologique étanche.

Coût de la centrale de 270 mégawatts (MW) : 1,8 milliard de dollars (1,4 milliard d’euros). Après 5 ans d’études, le DOE avait fini par jeter l’éponge. Trop cher. Même pour une technologie qui aurait permis d’utiliser le lit de charbon sur lequel sont assis les Etats-Unis sans accroître les émissions de gaz à effet de serre.

Après deux ans et demi de placard, FutureGen revient. Mais sensiblement modifié. Mercredi 4 août, le DOE a annoncé vouloir consacrer 1 milliard $ [issus du Plan de relance de l’économie américaine, ndlr] à la mise au point d’une nouvelle centrale à charbon « propre », à Mattoon [Illinois, l’Etat de Barack Obama], sur le site initial du premier projet.

Cette fois, la technologie sera différente. Les partenaires de FutureGen 2.0 ont choisi de modifier l’une des 4 chaudières (de 200 MW) de la centrale électrique de Mattoon, exploitée par Ameren. Vieille de 64 ans, cette installation sera « retroffitée », de sorte que la combustion du charbon s’y déroule dans une atmosphère saturée d’oxygène. Cette « oxy-combustion » produit des effluents gazeux très concentrés en CO2, ce qui facilite par la suite sa capture. Calqué sur le dispositif mis en œuvre par Total et Air Liquide sur le site de Lacq, FutureGen 2.0 sera raccordé à un pipeline qui transportera sur quelques kilomètres un million de tonnes par an de dioxyde de carbone comprimé. Le gaz sera ensuite injecté dans le sous-sol de Meredosia. Les partenaires industriels de l’opération sont Ameren, Babcock & Wilcox et Air Liquide.



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