Obama met son veto au pipeline géant

Le 25 février 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le pipeline n'est pas encore enterré.
Le pipeline n'est pas encore enterré.
Transcanada

Sans surprise, le président américain a mis, mardi 24 février, son veto à une proposition de loi autorisant la construction de l’oléoduc géant Keystone XL. Porté par l’industriel canadien Transcanada, ce projet vise à relier, sur 1.900 kilomètres, les champs pétroliers de l’Alberta (Canada) à un réseau existant de pipelines américains.

Initié en 2005, le projet envenime les relations américano-canadiennes depuis plusieurs années. En 2008, une première expertise réalisée par le département d’Etat américain s’avérait plutôt favorable. Et pour cause: le méga tube permettait de diversifier les approvisionnements énergétiques américains. Changement d’administration à Washington et changement de politique. Depuis des années, la Maison blanche refuse de se prononcer sur le sujet. En 2013, le président Obama rappelait qu’il pourrait autoriser la construction de Keystone XL à la condition qu’il ne contribue pas au renforcement de l’effet de serre.

Après leur victoire aux élections de mi-mandat, en novembre dernier, les parlementaires républicains avaient annoncé qu’ils légiféreraient rapidement pour relancer le projet. En réponse, le locataire de la Maison blanche avait fait savoir qu’il mettrait son veto présidentiel à tout texte de ce type. Promesse tenue.

Faut-il pour autant voir dans le geste de Barack Obama un coup fatal porté au pipeline canadien? Certainement pas. Le président n’entend simplement pas se faire forcer la main par le Congrès, majoritairement républicain. Cependant, il attend toujours, pour ces prochaines semaines, les conclusions d’une énième étude, menée par le département d’Etat. Parallèlement, le Sénat peut contourner le veto présidentiel en faisant adopter un nouveau texte par au moins deux tiers des sénateurs.

Reste à savoir si les pétroliers américains voient toujours d’un aussi bon œil l’arrivée de dilbit[1] canadien. Avec l’effondrement des prix mondiaux du pétrole, les compagnies pétrolières américaines exploitant des gisements d’hydrocarbures non conventionnels (beaucoup plus chers à exploiter que le pétrole saoudien) peinent à rentabiliser leur production. Il n’est pas certain que l’arrivée de plus de 800.000 d’hydrocarbures canadiens soit de nature à améliorer leur business plan.

 



[1] Le dilbit est un bitume dilué avec des pétroles extra-légers, afin d’en réduire la viscosité, facilitant ainsi son transport par oléoduc.

 



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