Nutrition: les nouveaux produits, pas forcément plus vertueux

Le 12 décembre 2012 par Romain Loury
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Le secteur des gâteux est l'un des rares à s'être amélioré.
Le secteur des gâteux est l'un des rares à s'être amélioré.

L’innovation dans les produits alimentaires ne va pas toujours dans le sens d’une amélioration nutritionnelle, révèle une étude présentée par l’Observatoire de la qualité de l’alimentation (Oqali) lors d’un colloque organisé début décembre.

Par ces travaux, l’Oqali, organisme placé sous l’égide de l’Anses et de l’Inra [1], a cherché à comparer les innovations alimentaires (nouveaux produits, nouvelles formulations, nouveaux emballages ou extensions de gammes) aux produits déjà présents sur le marché. Et ce aussi bien en matière de composition nutritionnelle que d’étiquetage. Parmi ses principaux constats, «l’amélioration de la composition nutritionnelle n’est pas un levier présidant aux stratégies d’innovation» de la filière agro-alimentaire.

Comprendre: les nouveaux produits ne sont globalement ni meilleurs ni pires que leurs prédécesseurs. L’Oqali a toutefois observé quelques différences, pas toujours dans le bon sens. Seule évolution favorable, la baisse de teneur en sucres au sein des biscuits et gâteaux industriels, de 32,8 grammes pour 100g dans les produits anciens à 30,9 g/100 g dans les innovations des années 2008-2010. A l’inverse, elle a augmenté dans le secteur des boissons rafraîchissantes sans alcool (gazeuses ou non, excluant les jus et nectars), passant de 6,02 à 7,65 g pour 100 millilitres.

Ce bond s’expliquerait par une montée en force, au sein des innovations, des boissons non gazeuses aux fruits à teneur supérieure à 2,5 g/100 ml, au détriment des eaux aromatisées, ainsi qu’à une augmentation des boissons à teneur en fruits supérieure à 50%, avance l’Oqali.

Autre différence, une hausse des lipides aussi bien dans le secteur des sauces chaudes que dans celui des céréales pour petit-déjeuner. Même constat pour l’étiquetage nutritionnel, qui ne semble pas évoluer de manière significative. De même pour la présence d’allégations nutritionnelles sur l’emballage, qui tendrait toutefois à se raréfier légèrement au sein des innovations (de 17% d’entre eux en 2008 à 15% en 2010).

Selon l’Oqali, le secteur innovant le plus est celui des biscuits et gâteaux industriels (15% des innovations entre 2008 et 2010), suivi de ceux des boissons rafraîchissantes sans alcool, des desserts et crèmes glacées, puis des chocolats. Les innovations tendent à augmenter d’année en année, le plus souvent du fait des marques nationales (67% d’entre elles), devant les marques de distributeurs et celles de type hard discount.

[1] Anses: Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail Inra: Institut national de la recherche agronomique



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