Nunavut, les scientifiques repasseront

Le 13 août 2010 par Thérèse Rosset
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La Cour de Justice du Nunavut a donné un coup de frein à l’expédition scientifique Ecase, pour « Expérience sismique dans l’Arctique de l’Est canadien ». L’affaire opposait une association inuite « Qikiqtani » (QIA) au ministère des ressources naturelles canadien du gouvernement du Nunavut (province canadienne).

Rendue par les juges le 8 août, la décision fait droit aux arguments avancés par l’association défenseure des intérêts de la population inuite, à savoir l’impact négatif sur l’environnement de la prospection de gisements de pétrole dans la région.

Des géologues avaient prévu de s’embarquer à bord du navire « Polarstern » afin de mener des tests sismiques sur la croûte terrestre dans une zone s’étendant de la baie de Baffin à l’île d’Ellesmere et au Groenland. Mené conjointement par le Canada et l’Institut fédéral allemand pour les géosciences et les ressources naturelles, le programme Ecase était aussi l’occasion d’étudier le potentiel en hydrocarbures d’un bassin sédimentaire situé au nord de la baie de Baffin.

La technique qui devait être utilisée, dite « sismique », consiste à tirer des coups de fusil à air comprimé toutes les 10 à 15 secondes. Trente sismomètres de surface et un « serpentin » d’hydrophones [qui transforment, dans les liquides, des oscillations acoustiques en oscillations électriques] long de 4.500 mètres enregistrent les impacts des ondes sonores sur le fond de l’océan. Le tout servant à dresser la carte géologique des sous-sols marins auscultés.

Pour les Inuits, le bénéfice de cette campagne scientifique n’a rien d’évident. Ces tests auront « un effet sur les routes migratoires et conduiront les mammifères marins en dehors de ces zones pour une durée considérable », dénonce la QIA. Sont concernés les phoques, morses, baleines, belugas, narvals et ours polaires. D’autant que cette région est le territoire traditionnel de chasse des Inuits.

Autre reproche formulé contre le gouvernement canadien, la population du Nunavut n’aurait pas été correctement consultée sur la question.

La Cour a estimé que le préjudice futur des tests scientifiques serait plus important que les bénéfices que pouvaient escompter les chercheurs, et « rien [ne les] empêche de reporter leur projet à une date ultérieure », concluent les hauts magistrats.

 



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