Nuisances aéroportuaires: le Val d’Oise mobilisé

Le 19 juin 2007 par Agnès Ginestet
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Le 11 mai s’est tenue la première table ronde des régions d’Europe survolées, organisée à Bruxelles à l’initiative du conseil général du Val d’Oise et de la région de Bruxelles-capitale. Une occasion de donner du poids à la question des nuisances sonores aériennes.

Les régions d'Europe sont «unies par la volonté commune d'obtenir, à l'échelon européen, la fixation de règles permettant une meilleure protection des citoyens confrontés aux nuisances sonores des avions». Le 11 mai, des propositions en matière d'indicateurs de bruit et d'organisation opérationnelle des aéroports ont été faites. «Nous pouvons faire pression sur la Commission pour essayer d'imposer aux Etats des directives avec des prescriptions plus sévères, sans qu'il y ait distorsion de concurrence», indique François Scellier, président du conseil général du Val d'Oise. Pour l'instant, une directive sur l'introduction de restrictions d'exploitation liées au bruit est en cours d'évaluation, et des cartes stratégiques de bruit autour des aéroports doivent être remises cet été dans le cadre de la directive sur la gestion du bruit dans l'environnement.

En France, le conseil général du Val d'Oise, département concerné par les mouvements aériens de l'aéroport de Roissy, souhaite depuis longtemps qu'un troisième aéroport soit construit dans le nord de la France. L'avis des Amis de la terre Val d'Oise, toutefois, ne va pas dans ce sens. «Les nuisances de l'aéroport de Roissy s'aggravent puisque son développement est sans contraintes. Un troisième aéroport ne ferait qu'augmenter le trafic global car Air France ne semble pas décidé à remettre en cause son hub (1). Alors que l'aéroport d'Heathrow a stabilisé son trafic en donnant la priorité aux vols intercontinentaux et en se déchargeant sur d'autres aéroports proches, Air France multiplie les navettes venant de province», explique sa présidente Anne Gellé. L'association estime ainsi qu'au lieu de favoriser une «logique purement commerciale», il existe d'autres solutions qui permettraient de diminuer les pressions environnementales: plafonner le nombre de mouvements, développer plus vite les trains rapides en Europe, ou encore établir des synergies entre le train et l'avion, et entre plateformes aéroportuaires.

Selon le conseil général, Roissy compte encore 162 vols entre 23 heures et 7h dont 100 mouvements entre 0h et 4h du matin. «Si un couvre-feu est mis en place à Roissy, Fedex ne doit pas pour autant aller sur un autre aéroport», explique cependant François Scellier. Selon Anne Gellé, «quelques vols postaux ont été supprimés entre minuit et 5h, mais entre 22h et minuit, le bruit n'a pas diminué». Elle ajoute que «les riverains ont besoin pour leur santé de dormir la nuit et de se reposer en fin de semaine», et qu'«à l'heure de la lutte contre l'effet de serre, ceux qui voyagent en avion pour des week-ends de loisir pourraient aussi penser à leur responsabilité».

Le Collectif inter-associatif du refus des nuisances aériennes (Cirena) vient d'adresser au Conseil d'Etat un recours en annulation du nouveau plan d'exposition au bruit (PEB) de Roissy avalisé le 3 avril 2007. Selon lui, l'avis défavorable exprimé par environ 18.000 personnes lors de l'enquête d'utilité publique n'aurait pas été pris en compte par l'Etat.



(1) Dans l'aviation, un hub ou plate-forme de correspondance est un aéroport qui permet aux passagers de changer rapidement et facilement de vol




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