Nuisances aériennes: un premier pas du gouvernement

Le 05 décembre 2007 par Agnès Ginestet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

La secrétaire d’Etat à l’environnement a présenté le 4 décembre une série d’actions sur la réduction des nuisances sonores liées au trafic aérien. Deux associations estiment cependant que le problème de Roissy n’est pas résolu.

Les mesures annoncées sont, selon lui , «très loin du compte». Mais Alain Peri, membre de l'Association de défense contre les nuisances aériennes (Advocnar), a salué l'action de la secrétaire d'Etat chargée de l'environnement Nathalie Kosciusko-Morizet, anciennement députée d'une circonscription de l'Essonne proche de l'aéroport d'Orly: «C'est la première fois que nous avons l'impression qu'un membre du gouvernement s'occupe sérieusement des nuisances aériennes», a-t-il ainsi souligné.

Lors d'une conférence de presse, le secrétaire d'Etat aux transports Dominique Bussereau et Nathalie Kosciusko-Morizet ont indiqué que l'altitude des avions à leur arrivée en région parisienne serait relevée de 300 mètres, ce qui entraînerait «une réduction allant jusqu'à 50% du bruit subi par les populations survolées». La mise en application, qui concerne le Bourget, Orly et Roissy, s'échelonnera de 2008 à 2011. D'autre part, l'adoption de descentes «en profil continu» atténuera le bruit des atterrissages. Une convention signée entre la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) et Air France permettra d'instaurer ces nouvelles procédures sur les aéroports de la région parisienne, notamment pour les arrivées à Orly face à l'est à partir du premier semestre 2008.

Alain Peri juge ces mesures intéressantes, même s'il faudrait selon lui supprimer les vols de nuit et diminuer les mouvements liés à Roissy, l'hyperconcentration du trafic restant le problème majeur à résoudre (1). De même, pour Anne Gellé, des Amis de la terre, les effets des mesures seront «annulés si on continue à augmenter le trafic». «L'aéroport Charles de Gaulle grossit de 5 ou 6% par an, et le nouvel aérogare va entraîner une hausse du trafic. Si l'on relève l'altitude des avions à leur arrivée alors que le nombre d'avions augmente, cela ne résout pas le problème», indique-t-elle. Un arrêté ministériel (2) fixant un plafonnement des mouvements existe bien pour l'aéroport d'Orly, mais concernant Roissy, une telle mesure n'a pour l'instant été annoncée que dans le cadre du schéma directeur de la région Ile de France (Sdrif).

Une autre mesure proposée par le ministère consiste à taxer davantage les vols, notamment entre 18 et 22 heures, pour les 10 aéroports concernés par la taxe sur les nuisances sonores aériennes (TNSA). Par exemple, un Boeing 747-400 décollant durant cette tranche «soirée» sera taxé 4.392 euros, contre 1.059 auparavant. Le gouvernement compte ainsi résorber en deux ans les demandes d'insonorisation en instance relatives aux aéroports d'Orly et de Nantes-Atlantique. Pour le premier, une augmentation du taux de la TNSA «permettra de traiter d'ici deux ans les 1.500 logements en attente de financement». L'objectif de plus de 50 millions € de recettes totales liées à la TNSA devrait être atteint en 2007. Enfin, les procédures de sanctions prononcées par l'Autorité de contrôle des nuisances sonores aéroportuaires (Acnusa) en cas de manquement à la réglementation sur l'environnement sonore des aéroports seront simplifiées et accélérées.







(1) Voir l'article du JDLE «Trafic aérien: le désengorgement de Roissy fait débat»

(2) Arrêté du 6 octobre 1994 relatif aux créneaux horaires sur l'aéroport d'Orly, J.O n° 235 du 9 octobre 1994 page 14328




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus