Nucléaire: Tokyo présente ses nouvelles normes de sûreté

Le 19 juin 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Même l'usine de retraitement de Rokkasho est concernée.
Même l'usine de retraitement de Rokkasho est concernée.
DR

C’est avec 10 jours d’avance sur le calendrier initial que l’autorité de sûreté japonaise (NRA) a présenté, ce 19 juin, les nouvelles normes de sûreté de l’industrie nucléaire.

Fruit de 8 mois de travail et du retour d’expérience de la catastrophe du 11 mars 2011 (un rythme très soutenu), ce nouveau texte, indique la NRA, rehausse la réglementation nippone au niveau des standards internationaux. Désormais, les constructeurs devront prendre en compte les leçons de Fukushima dans la conception et la construction de réacteurs nucléaires.

Les installations devront résister à des phénomènes naturels (ouragans, feux de forêt, séismes) et à des chutes d’avion ou des attentats. Les futures centrales devront sécuriser leur approvisionnement en électricité, leur contrôle-commande et durcir les systèmes de lutte contre les incendies. Détail qui ne manque pas de sel: les futurs centrales ne devront plus être érigées sur des «failles sismiques actives». Ce qui pourrait signer l’arrêt de mort de 4 à 8 réacteurs en service, précisément situés sur des failles actives.

Partant du principe qu’une catastrophe nucléaire est possible (ce qu’elle ne faisait pas auparavant), la NRA impose aux exploitants de réacteurs existants de revoir leur gestion du post-accidentel. Les électriciens devront notamment se préparer à gérer les conséquences d’un tremblement de terre majeur: fuites du réacteur, réchauffement de l’eau des piscine de refroidissement des combustibles usés, etc.

De nouvelles procédures de refroidissement d’urgence des réacteurs et des piscines devront être mises en place par les exploitants. Les enceintes des réacteurs devront être équipées de systèmes de dépressurisation, dotés de filtres pour éviter les relâchements de radioactivité vers l’extérieur.

Tous les sites devront être équipés de systèmes fixes et mobiles de refroidissement (pompes à haute pression, camions-citernes, lances, réservoirs d’eau). Ces installations devront être redondantes et dispersées sur le site. Des systèmes électriques de secours devront permettre à la centrale de fonctionner jusqu’à 16 heures d’affilée sans alimentation extérieure. Un poste de commande antisismique et bunkérisé, capable de piloter les réacteurs, devra être construit dans toutes les centrales.

Comme aux Etats-Unis, la durée de vie des réacteurs a été fixée à 40 ans, avec la possibilité de l'allonger de 20 ans une seule fois et sous strictes conditions. Ces nouvelles normes doivent encore être avalisées en conseil des ministres puis, en principe, entrer en vigueur le 8 juillet prochain. Ce qui devrait permettre aux exploitants de présenter dans les jours suivants à la NRA des plans d’amélioration de la sûreté de leurs installations. Des plans sans lesquels ils n’ont aucune chance d’obtenir une autorisation de redémarrage. En principe.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus