Nucléaire: risque cancéreux un peu accru

Le 22 octobre 2015 par Romain Loury
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1% des cancers sont d'origine professionnelle
1% des cancers sont d'origine professionnelle
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Hors leucémie, les travailleurs du nucléaire ont un risque très légèrement accru, mais réel, de décéder d’un cancer, révèle une nouvelle analyse de l’étude INWORKS publiée dans le British Medical Journal.

Le phénomène n’est évidemment pas inconnu. Mais il reposait jusqu’alors sur des données d’exposition massive et aigüe, celle subie par les victimes des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki en août 1945. C’est à partir de ces chiffres qu’ont été extrapolées les recommandations en matière de radioprotection. Il existait donc une incertitude sur l’effet de plus faibles doses, reçues de manière chronique.

Comme celle publiée en juin sur la leucémie, la nouvelle analyse d’INWORKS, cohorte comportant près de 310.000 professionnels américains, français et britanniques suivis sur une durée médiane de 26 ans, confirme bien le léger surrisque cancéreux. Selon l’analyse des causes de décès, toute dose additionnelle de 1.000 milliGray (mGy) accroît le risque de décès cancéreux, hors leucémie, de 48% -contre +319% pour les décès par leucémie.

Seuls 6% au-dessus de 100 mGy

Dans leur immense majorité, les participants d’INWORKS sont très loin de recevoir un tel niveau de radioactivité: la dose cumulée moyenne est de 20,9 mGy. Seuls 6% d’entre eux dépassent les 100 mGy -leur dose moyenne est de 223 mGy-, et il s’agit pour 75% d’entre eux de personnes embauchées avant les années 1970.

Parmi les 19.604 décès cancéreux (toujours hors leucémie), seuls 209, soit un peu plus de 1%, pouvaient être liés à l’exposition professionnelle -contre 5% pour les leucémies. Corollaire: alors que le risque de décès cancéreux est de 25% dans la population générale, il est accru de 0,1% pour un travailleur moyen du nucléaire.

Pour l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), impliqué dans ces travaux, «l’association dose-risque observée dans l’étude INWORKS est cohérente avec celles observées dans d’autres études, en particulier chez les survivants des bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki (…) Ces résultats soutiennent la justification d’une protection radiologique des populations exposées aux faibles doses de rayonnements ionisants (travailleurs de l’industrie nucléaire, personnels médicaux, exposition médicale diagnostique...)».



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