Nucléaire: menaces sur les groupes électrogènes des centrales d’EDF

Le 21 juin 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Des groupes électrogènes qui craignement le coup de chaud.
Des groupes électrogènes qui craignement le coup de chaud.
DR

L’électricien a détecté des défauts d’ancrage de certains groupes électrogènes de secours de ses réacteurs de 1.300 MW. L’incident générique a été classé au niveau 2 de l’échelle Ines par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Il révèle plusieurs faiblesses des systèmes d’alimentation de secours et d’ultime secours des centrales nucléaires du même palier.

Une nouvelle fois, le diesel tousse dans les centrales nucléaires d’EDF. Mardi 20 juin, l’ASN a reclassé au niveau 2 sur l’échelle Ines (qui en compte 8) un défaut susceptible d’affecter tous les réacteurs de 1.300 mégawatts (MW).

Un écart

Lors d’un contrôle réalisé à la fin du mois de mars dernier dans la centrale de Golfech, les techniciens d’EDF découvrent «un écart affectant les ancrages à la structure métallique des vases d’expansion des circuits de refroidissement des groupes électrogènes». En clair, en cas de séisme, les groupes électrogènes pourraient ne pas être suffisamment ancrés au sol pour démarrer. Embêtant.

Ces gros groupes diesel doivent, en effet, fournir l’énergie électrique à la centrale nucléaire en cas de rupture d’alimentation. Qu’ils manquent à l’appel en cas de coup dur, et c’est un scénario à la Fukushima qui se profile à l’horizon.

20 réacteurs concernés

Imputable à la conception des centrales du palier P4 et à de mauvais montage des ancrages, ce problème n’affecte pas seulement Golfech mais aussi les centrales de Belleville-sur-Loire, Cattenom, Nogent-sur-Seine, Saint-Alban et Penly. Au total, 20 réacteurs sont concernés: 46% de la puissance nucléaire installée française!

Plus grave que prévu

Initialement, l’ASN avait classé l’incident générique au niveau 1. Mais devant l’incapacité d’EDF à prouver que les ancrages de ses groupes de secours tiendraient en cas de tremblement de terre, le gendarme du nucléaire a relevé au niveau 2 la gravité de l’incident.

Le gendarme du nucléaire tricolore a donné trois semaines à EDF pour mieux ancrer l’un des deux diesel de secours, et un mois et demi pour sécuriser le second, pour chacun des 20 réacteurs concernés.

turboalternateurs de secours

Ces événements interviennent alors que d’autres problèmes frappent les installations de secours électriques du palier 1.300 MW. Comme l’indique une note publiée, ce 21 juin, par l’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), les turboalternateurs de secours LLS  ne sont pas sûrs.

Ces groupes électrogènes ont la fâcheuse particularité de ne pas supporter de trop fortes chaleurs ; celles qui règneraient précisément dans leur local après 24 h de fonctionnement. L’IRSN estime qu’ils seraient indisponibles « à court terme en situation de pertes des alimentations électriques externes. » Le problème avait pourtant déjà été signalé en mars 2014, sur les tranches de 900 MW.

Trop petites TAC

Qu’à cela ne tienne, peut-on dire. Si les turboalternateurs de secours LLS  ne fonctionnent pas, restent les turbines à combustion (TAC). Chaque site est équipé d’une de ses turbines au démarrage très rapide. Hélas, reprend l’IRSN, ces TAC ne sont pas dimensionnées pour alimenter les systèmes vitaux en l’absence des LLS.

Par ailleurs, «les inspections de l’ASN ont mis en évidence que l’état de ces turbines à combustion n’est généralement pas satisfaisant, ce qui réduit leur disponibilité.» Quant aux «diesel d’ultime secours», l’une des mesures imposées par l’ASN à la suite de la catastrophe de Fukushima, et bien, ils ne seront opérationnels qu’à la fin de 2018. Il n’y a plus qu’à patienter.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus