Nucléaire: les pollutions marines de la centrale d’Hinkley Point C

Le 05 février 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les conduites du système de refroidissement prêtes à être posées.
Les conduites du système de refroidissement prêtes à être posées.
EDF Energy

 

EDF Energy doit draguer 600.000 m3 de sédiments pour installer une partie du système de refroidissement de sa future centrale nucléaire.

Les deux premiers réacteurs EPR britanniques ne sont pas encore construits qu’ils polluent déjà. Pour poursuivre l’achèvement de sa centrale nucléaire de Hinkley Point C, EDF Energy doit, en effet, se débarrasser de 600.000 m3 de boues et de sédiments.

Ces futurs déchets devront être extraits du sol marin, à quelques encablures de la centrale. Dans cette zone, la filiale britannique d’EDF prévoit de forer six puits verticaux pour installer une partie du système de refroidissement des deux futurs réacteurs. Il faut faire place nette.

710.000 tonnes de sédiments

Très légèrement radioactifs, les sédiments doivent être déversés dans une décharge marine (baptisée Cardiff Grounds) située dans le canal de Bristol au large de Cardiff, dans le sud du Pays de Galles. En 2018, l’opérateur a déjà réalisé un premier déversement de 110.000 tonnes de sédiments dans l’estuaire de la Severn. L’opération avait été très critiqué par l’opinion publique et des organisations écologistes et anti nucléaires.

Pour engager sa deuxième campagne, prévue pour 2021, l’énergéticien devra obtenir des autorisations de la Marine Management Organisation (Angleterre) pour prélever des échantillons des sites de dragage, de l’autorité des pêches anglaise et de l’agence de l’environnement galloise (NRW).

Prudente, la NRW a ouvert, ce 5 février, une consultation publique. Notamment pour déterminer si le déversement de ces déchets est conforme aux règles de la convention Ospar et de l’agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Il est effectivement temps de s’en assurer.