Nucléaire : les Italiens disent non, le Japon décontamine

Le 14 juin 2011 par Célia Fontaine
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94,3%. C’est le pourcentage d’Italiens qui se sont prononcés contre le retour du nucléaire dans leur pays, à l’occasion d’un référendum organisé les 12 et 13 juin. C’est la première fois depuis 1995 que le quorum est atteint en Italie pour ce type de référendum, preuve que les foules se sont mobilisées.
 
Abandonnée en 1987 suite à la catastrophe de Tchernobyl (les 4 centrales nucléaires italiennes ont été fermées à cette époque), la question du retour au nucléaire dans le pays s’est posée à nouveau en 2007, notamment à cause de la flambée des cours du pétrole et pour atteindre les engagements européens de réduction des gaz à effet de serre.
 
Le ministre italien du développement économique, Claudio Scajola, avait annoncé en mai 2008 que l'Italie allait s'engager, d’ici 2020, dans la construction de centrales nucléaires de nouvelle génération. Objectif: sortir de la dépendance énergétique[1].
 
Après la Suisse et l’Allemagne, c’est donc maintenant au tour d’une écrasante majorité d’Italiens de rejeter l’utilisation de l’énergie nucléaire. En France, les sondages montrent une opinion publique favorable à une sortie progressive du nucléaire (selon une enquête Ifop parue dans le JDD le 12 juin, 77% de la population souhaitent l’abandon de cette énergie).
 
«Il est temps que les responsables politiques français, et en particulier le gouvernement actuel, sortent de leur aveuglement et évoluent, pour que notre pays ne reste pas le has been de l’énergie», indique Yannick Rousselet, chargé de campagne Nucléaire pour Greenpeace. La question de la cohabitation d’un pays nucléarisé comme la France avec des voisins qui ont fait le choix d’y renoncer pourrait poser problème. «Comme on a pu, malheureusement, le constater à Tchernobyl ou à Fukushima, lorsqu’un accident nucléaire se produit, la contamination est totalement incontrôlable et s’étend évidemment largement au-delà des frontières d’un pays. Aujourd’hui, la question se pose pour nos voisins de savoir s’ils continuent d’accepter que la France leur fasse courir le risque nucléaire alors qu’eux-mêmes ont décidé de ne plus recourir à cette énergie trop risquée et trop chère», poursuit Yannick Rousselet.
 
4 mois après la catastrophe de Fukushima, la décontamination des eaux radioactives par une usine spécialement créée débutera le 17 juin prochain, a annoncé Tokyo Electric Power (Tepco) le 14 juin.
 
Les quelque 100.000 tonnes d'eau hautement radioactive accumulées dans les bâtiments des réacteurs et des turbines de Fukushima Dai-Ichi (n°1) depuis le séisme et le tsunami du 11 mars dernier seront traitées par le groupe nucléaire français Areva et la société américaine Kurion, précise l’AFP.
 
L'usine de décontamination sera capable de traiter 50 tonnes d'effluents par heure, soit 1.200 tonnes par jour. «Une fois traitée, la radioactivité de cette eau aura été divisée par un facteur de 1.000 à 10.000 fois», a précisé Maxime Michaut, un des représentants d'Areva au Japon.
 
De son côté, la ville de Fukushima a décidé d’équiper 34.000 enfants âgés de 4 à 15 ans de dosimètres, à l'automne prochain. Il s’agit de rassurer les familles inquiètes de la radioactivité ambiante.
Le niveau légal d'exposition pour la population, tous âges confondus, a été relevé de 1 à 20 millisieverts (mSv) par an au Japon. Le ministère japonais de la santé et du travail a demandé la semaine dernière à Tepco de retirer tous les ouvriers dont le niveau d'exposition interne dépasserait les 100 mSv. La dose cumulée maximale annuelle de radiations, internes et externes, pouvant être reçues par les personnes appelées à travailler sur le site a été relevée à 250 mSv.


[1]L'Italie dépend à 87% de l’étranger ( Russie et Algérie surtout) pour sa consommation d'énergie. Le pétrole est le principal combustible utilisé (43%) devant le gaz (36%).
 


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