Nucléaire : le stress-calendrier de l’ASN

Le 14 septembre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Rude début de semaine pour l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Ce mercredi 14 septembre, deux jours après l’accident de Marcoule [JDLE], le gendarme du nucléaire français présentait le calendrier des évaluations complémentaires de sûreté, plus connues sous leur sobriquet de stress-tests.
 
Conformément à la décision prise par l’ASN le 5 mai dernier, les exploitants des 80 plus grosses installations nucléaires de l’Hexagone (réacteurs de puissance, usines de traitement de combustible, installations de recherche, réacteur EPR en construction) devaient rendre à l’ASN un rapport présentant les comportements de leurs installations placées dans des configurations extrêmes: inondation, séisme, perte de refroidissement ou d’alimentation électrique. Un rapport qui devait tomber sur le bureau des experts de la place du colonel Bourgoin avant le 15 septembre. Les exploitants de 80 installations nucléaires de moindre importance disposent d’un délai courant jusqu’au 15 septembre 2012.
 
Au 14 septembre, rappelle le directeur général de l’ASN, Jean-Christophe Niel, l’essentiel des rapports des «installations prioritaires» sont bien arrivés, dont les 19 audits des centrales nucléaires d’EDF. La balle est désormais dans le camp de l’Autorité de sûreté. «Avec l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), nous devons analyser ces dossiers et poser aux exploitants les questions qui s’imposent», indique Jean-Christophe Niel. Sachant que l’ASN devra «prendre position», d’ici la fin de l’année, sur la capacité du parc nucléaire français à résister (ou non) à des événements de l’ampleur de celui ayant conduit à la catastrophe de Fukushima. Un véritable marathon.
 
Toutes les équipes concernées de l’IRSN sont sur le pied de guerre. Et l’ASN a dû rappeler quelques-uns de ses «jeunes retraités» pour renforcer les siennes. «Les seuls dossiers transmis par EDF comportent plus de 7.000 pages», souligne Jean-Christophe Niel. A ce travail de fourmis s’ajouteront 38 inspections ciblées sur site. Ces inspections «renforcées» remplacent celles que l’ASN avaient prévu de réaliser cette année. «Ce qui décale de quelques mois le règlement de certains sujets technique», concède le numéro deux de l’ASN. Le passage à une durée de vie de 40 ans des premiers réacteurs de 900 mégawatts n’est plus la priorité du moment.
Passée la prise de position, les autorités françaises transmettront à la Commission européenne leur rapport définitif avant le 31 décembre prochain.
 
Mais les stress-tests ne s’arrêteront pas là. La Commission européenne devra, en effet, transmettre au Conseil européen un rapport sur l’état de la sûreté des installations nucléaires disséminées aux 4 coins de l’UE.
 
Ensuite, les autorités nationales devront prendre le relai. «Il y aura un avant et un après Fukushima, affirme Jean-Christophe Niel. Il est probable qu’il y aura des dispositions à mettre en place. Mais on n’en est pas encore là.» Les retours d’expérience des catastrophes de Three Mile Island (1979) et de Tchernobyl (1986) se sont déroulés sur une dizaine d’années. Il est probable qu’un tel délai sera nécessaire pour tirer un profit nucléaire du drame japonais.


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