Nucléaire: le Japon redémarre doucement

Le 18 juin 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Yoshihiko Noda, le premier ministre japonais, a autorisé le redémarrage de deux réacteurs.
Yoshihiko Noda, le premier ministre japonais, a autorisé le redémarrage de deux réacteurs.

Après des mois de tractations, Tokyo a tranché. Le gouvernement dirigé par Yoshihiko Noda a autorisé, samedi 16 juin, Kansaï Power Company (Kepco) à redémarrer deux tranches (3 et 4, de 1.100 mégawatts de puissance unitaire) de la centrale nucléaire de Ohi. Cette compagnie sera la première à relancer l’exploitation d’une centrale nucléaire après la catastrophe de Fukushima. Construits par Mitsubishi, ces réacteurs à eau pressurisée ont été mis en service en 1991 et 1993. Selon la presse japonaise, leur connexion au réseau pourrait intervenir les 4 et 20 juillet.

Au Japon, la nouvelle est diversement accueillie. Politiques et entrepreneurs voient s’éloigner légèrement le spectre des coupures d’électricité. Souvent chaud, l’été est une période de forte consommation d’électricité, du fait de la généralisation de la climatisation. Les anti-nucléaires, qui se réjouissaient de la fermeture des 50 tranches en service dans l’archipel voient les choses autrement. Il y a quelques jours, ils sont déposé 7,5 millions de signatures demandant la fin de l’atome civil au Japon.

Ironie du sort, le redémarrage d’Ohi 3 et 4 devrait intervenir quelques semaines avant l’installation de la nouvelle autorité de sûreté nucléaire. Le 15 juin, la chambre basse du parlement a adopté un projet de loi réformant la régulation du secteur. S’il est voté, dans les mêmes termes par le sénat, ce texte prévoit la création d’une nouvelle autorité: la Nuclear Regulatory Agency (NRA).

Dotée d’un staff de 485 personnes et d’un budget annuel de 600 millions de dollars (474 millions d’euros), la NRA combinera les rôles de l’ancienne commission de la sûreté nucléaire (NSC) et de l’agence de la sécurité industrielle et nucléaire (Nisa), deux institutions très critiquées pour leur gestion de la crise de Fukushima. A ce titre, elle sera chargée du contrôle des installations et décidera de la durée de leur exploitation. Autre nouveauté, la NRA sera placée sous l’autorité du ministère de l’environnement et non plus du puissant ministère de l’industrie.



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