Nucléaire: le Japon arrête définitivement son surgénérateur

Le 22 décembre 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le réacteur a fonctionné 200 jours en 21 ans.
Le réacteur a fonctionné 200 jours en 21 ans.
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Le lointain cousin de Superphénix sera démantelé.

Tokyo est enfin décidé à mettre un terme à l’une des plus coûteuses expériences menées par l’industrie nucléaire nationale. Mercredi 21 décembre, le gouvernement Abe a confirmé l’arrêt définitif et le démantèlement du réacteur Monju, indique le Japan Times.

Entré en service en avril 1995, le seul surgénérateur japonais n’a cessé de connaître des déboires plus ou moins graves. Le 8 décembre 1995, 6 mois après son raccordement au réseau, le réacteur de 280 mégawatts électriques (MWe) est arrêté. Une fuite de sodium liquide du circuit secondaire provoque un début d’incendie. Le prototype sera arrêté pendant 15 ans avant de reprendre du service. Au grand étonnement de certaines autorités de sûreté nucléaire (dont la française).

200 jours de fonctionnement en 21 ans

En mai 2010, l’exploitant, JNC (désormais JAEA), annonce le redémarrage. Le lointain cousin de Superphénix fonctionnera 45 jours sans le moindre incident. Jusqu’à ce jour funeste d’août 2010 où l’un des ponts roulants servant au chargement et au déchargement du combustible tombe directement dans le réacteur. Il sera récupéré un an plus tard.

Construit par Mitsubishi, Monju est un réacteur consommant un combustible Mox, composé d’oxyde d’uranium et de plutonium. Cette centrale de démonstration est en principe conçue pour produire plus de combustible qu’elle n’en consomme.

Après avoir fonctionné effectivement 200 jours en 21 ans, le gouvernement nippon a donc décidé de mettre un terme définitif à un programme dans lequel il a investi plus de 8 milliards d’euros.

3 milliards pour le démantèlement

Le montant final de l’addition sera toutefois bien plus élevé. Le démantèlement du réacteur devrait coûter 375 milliards de yens (3 Md€) et s’achever vers 2047. Selon les estimations du ministère de l’industrie, il aurait fallu injecter plus de 4,4 Md€ pour assurer un redémarrage sûr de la centrale maudite.

JAEA devra présenter une stratégie de déconstruction d’ici le mois d’avril. Un plan auquel s’oppose déjà le gouverneur de la préfecture de Fukui.

 



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