Nucléaire: le «crash-test» européen n’est pas pour demain

Le 22 mars 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Annoncé avec tambour et trompette [ JDLE], le fameux test de résistance qui devait évaluer la sûreté des 143 réacteurs nucléaires de puissance en service dans l’Union européenne n’est pas prêt de démarrer.

 

Les 27 ne se sont toujours pas mis d’accord quant aux critères sur lesquels les réacteurs devront être jaugés. Une proposition de trame commune pourrait être rédigée courant avril.

 

En France, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) est encore dans l’expectative. Le gendarme de l’atome confirme qu’effectivement «les modalités de l’audit ne sont pas définies à ce stade».

 

Surtout, l’ASN veut faire son propre retour d’expérience de la catastrophe de Fukushima, avant de décider ce qui devra être vérifié sur les 58 réacteurs français. Ce qui repousse de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois, la tenue de l’exercice tricolore.

 

Les grandes thématiques ont été arrêtées par le premier ministre: tenue aux séismes, résistance aux inondations.

 

«Il faudra aussi vérifier comment se comporte un réacteur en cas de perte de source froide, d’électricité et si les deux situations se cumulent», complète l’expert de l’ASN.

 

Sur France 2, le 17 mars, François Fillon avait indiqué que «si une centrale présent[ait] le moindre risque, elle serait immédiatement fermée».

 

L’autorité indépendante souhaite aussi vérifier que les services d’urgence seraient capables d’affronter une crise nucléaire de très grande ampleur, impliquant un ou plusieurs réacteurs.

 

Aux Etats-Unis, la Nuclear RegulatoryCommission (NRC, l’autorité de sûreté US) est sur la même longueur d’onde que l’ASN. Elle devrait prochainement se donner trois mois pour tirer tous les enseignements possibles de la crise japonaise. En attendant, les exploitants des 104 tranches américaines sont invités à réviser leur plan de gestion d’accident.

 

Par la suite, certains réacteurs américains devraient faire l’objet d’une très attentive vérification par les inspecteurs de la NRC: Vermont Yankee, Oyster Creek et Nine Mile Point-1 sont, en effet, d’un âge et d’une conception très proches de la première tranche de Fukushima Dai Ichi.

 

Les commissaires de la NRC ont d’ailleurs prévenu: si le retour d’expérience de l’accident japonais montrait des fragilités structurelles de ces réacteurs (l’enceinte en acier et les dispositifs de dégazage sont particulièrement visés), ces tranches pourraient être fermées séance tenante.

 

Leurs exploitants, Constellation Energy (partenaire d’EDF!), Exelon et Entergy, sont désormais prévenus.



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