Nucléaire: la liste noire de Greenpeace France

Le 28 mars 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Pour Greenpeace, c'est 20 réacteurs sinon rien.
Pour Greenpeace, c'est 20 réacteurs sinon rien.
Nicolas Chauveau/Greenpeace

«Pourquoi seulement Fessenheim?» Greenpeace a désigné, jeudi 28 mars, 4 autres centrales nucléaires à «fermer en priorité» après avoir analysé, pour les 19 sites français, leur vulnérabilité et les conséquences économiques potentielles d'un accident.

Outre Fessenheim (Haut-Rhin), doyenne des centrales françaises promise à la fermeture d'ici fin 2016 par François Hollande, Greenpeace a inscrit sur sa liste noire les sites du Blayais (Gironde), du Bugey (Ain), de Gravelines (Nord) et du Tricastin (Drôme), toutes abritant des réacteurs de 900 mégawatts, les plus anciens du parc d’EDF.

Jeudi matin, à l'aube, une dizaine de militants de Greenpeace ont projeté sur la centrale de Fessenheim deux textes grâce à de puissants projecteurs, situés sur l’autre rive du grand canal d’Alsace.

«Pourquoi seulement moi?», pouvait-on lire durant une dizaine de minutes sur l'un des réacteurs de Fessenheim alors que la liste des centrales jugées dangereuses était projetée sur une piscine.

«Pour tenir sa promesse, François Hollande doit acter la fermeture d'au moins 20 réacteurs à horizon 2020», souligne dans un communiqué Sophia Majnoni, chargée de campagne Nucléaire pour Greenpeace, en référence à l'engagement du président de la République de baisser la part du nucléaire de 75 à 50% d'ici 2025 dans la production d'électricité. La fermeture de 20 réacteurs de 900 MW amputerait le parc tricolore nucléaire de 28% de sa capacité installée.

«Fermer uniquement Fessenheim est une manœuvre politique. Cela ne nous permet pas d'atteindre l'objectif présidentiel; mais surtout d'autres centrales sont aussi dangereuses», ajoute Sophia Majnoni.

Un porte-parole d'EDF a déclaré à l'AFP que «toutes les centrales nucléaires d'EDF, y compris Fessenheim, présentent un niveau de sûreté satisfaisant, comme l'a souligné l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) lors de la remise de son rapport sur les évaluations complémentaires de sûreté le 3 janvier 201».

Après l'accident de Fukushima, l'ASN a procédé à un audit des centrales françaises et a conclu qu'aucune centrale ne devait être fermée; mais elle a prescrit des travaux obligatoires, dont le coût est évalué à une dizaine de milliards d’euros [JDLE].

«EDF s'est engagé à améliorer encore le niveau de sûreté de ses réacteurs dans le cadre des prescriptions demandées par l'ASN. Il s'agit notamment du renforcement de la robustesse des installations face à des situations extrêmes (inondation, séisme....)», a ajouté le porte-parole du groupe.

Pour établir sa liste noire, Greenpeace a examiné «trois séries de critères»: niveau de sûreté des centrales (âge, puissance, nature du combustible, état du circuit primaire, qualité de l’enceinte de confinement, type de radier), risques d'«agressions externes naturelles ou non naturelles» (inondation, séisme, risque industriel, incendie) et conséquences d'un accident (proximité d'une frontière ou d'une grande métropole, activités proches).

Pour le Blayais, l'ONG pointe par exemple les possibles impacts d'un accident sur l'activité viticole. Château Lafitte et Château Margaux sont situés à moins de 10 km de la centrale girondine. Pour la centrale de Gravelines, l'association pointe «une concentration impressionnante de risques» avec la présence de «22 installations classées dont 8 Seveso dans un rayon de 10 km». Triscastin est l’une des installations d’EDF exposées au risque sismique.

http://www.greenpeace.org/france/PageFiles/266521/Etude_Greenpeace_5centrales.pdf?__utma=1.1842261412.1358944179.1360333069.1364474277.4&__utmb=1.1.10.1364474277&__utmc=1&__utmx=-&__utmz=1.1364474277.4.3.utmcsr=greenpeace.org|utmccn=%28referral%29|utmcmd=referral|utmcct=/france/fr/&__utmv=-&__utmk=231018527

http://www.journaldelenvironnement.net/article/les-retombees-de-fukushima-peseront-lourd-sur-le-nucleaire-francais,29692



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus