Nucléaire: la drôle de concertation du HCTISN

Le 03 octobre 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Tricastin 1, le premier réacteur à passer le cap des 40 ans.
Tricastin 1, le premier réacteur à passer le cap des 40 ans.
VLDT

Ce débat national n’a mobilisé qu’un gros millier de pro et d’anti nucléaires.

Le Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN) a tiré, ce jeudi 3 octobre, un premier bilan de la concertation autour des «dispositions prises par EDF» pour allonger la durée de vie de ses réacteurs de 900 MW.

Dit autrement: les Français sont-ils satisfaits du programme Grand Carénage engagé par l’électricien pour tenter de faire fonctionner ses tranches de 900 MW jusqu’à 60 ans? Co-organisé par le HCTISN, EDF, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), l’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) et l’Association nationale des comités et commissions locales d'information (ANCCLI), ce débat n’a rien à voir avec ceux organisé par la Commission nationale du débat public.

un public confiné

D’abord, il ne s’agissait pas de se prononcer sur un projet, comme le Cigeo, ou une politique publique, comme la PPE, mais sur des travaux d’amélioration de la sûreté engagés par EDF. Travaux pour lesquels l’ASN avait demandé quelques compléments, suite au retour d’expérience de la catastrophe de Fukushima. «On a confiné le public dans des questions techniques», reconnaît la garante Isabelle Barthe.

Autre spécificité: peu de réunions publiques ont été organisées et uniquement à proximité des centrales nucléaires dotées de réacteurs de 900 MW. De quoi sensiblement réduire l’audience. «Au total, 1.300 personnes ont participé aux 16 réunions publiques», confirme Xavier Layrac, directeur de communication chez EDF et membre du comité opérationnel de la concertation. Bien sûr, environ 4.600 personnes ont visité le site internet mais moins de 5% y ont laissé une contribution écrite.

niveau inhabituellement élevé

Bonne nouvelle, en revanche, les discussions ont été d’un niveau inhabituellement élevé. «Les questions posées ont porté sur la pérennité des compétences, la prise en compte du facteur humain organisationnel, l’impact du changement climatique sur les installations nucléaires, la protection des populations ou la sécurité», souligne Xavier Layrac. «Nous avons aussi été interpellés sur la cybersécurité», renchérit Etienne Dutheil, nouveau directeur du parc nucléaire d’EDF. Des débats entre pros.

«En fait, nous ne trouvions dans ces réunions que des personnes qui avaient intérêt à ce que les centrales continuent de fonctionner et leurs opposants», résume Jean-Claude Delalonde, le président de l’Anccli.

Un coup d’épée dans l’air, alors? Pas si sûr. L’ASN compte bien intégrer certaines des recommandations (sur le facteur et le climat, notamment) dans son avis générique sur l’allongement de la durée de vie des réacteurs de 900 MW, attendu à la fin de l’année prochaine. Ces propositions pourront être utiles lorsque se posera la question du devenir des tranches de 1.300 MW.