Nucléaire: la Belgique au bord du black-out?

Le 24 septembre 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Tihange 2 ne devrait pas produire d'électrons avant juin 2019.
Tihange 2 ne devrait pas produire d'électrons avant juin 2019.

En novembre, un seul des 7 réacteurs belges sera en activité. De quoi alimenter la crainte d’une rupture d’approvisionnement en électricité.


Faute de nucléaire, la pénurie électrique se précise en Belgique. La nouvelle est tombée ce jeudi 21 septembre. Dans un communiqué, Engie annonçait ne pouvoir redémarrer trois de ses 7 réacteurs nucléaires belges dans les temps prévus.

Initialement, les tranches 2 et 3 de la centrale de Tihange auraient dû être remises en production entre le 30 septembre et le 31 octobre. Ces deux réacteurs affichent une capacité installée supérieure à 2.000 mégawatts électriques (MWe): le tiers de la puissance nucléaire belge. Ce ne sera pas le cas.

le béton du bunker est dégradé

Ces dernières semaines, Electrabel (Engie), propriétaire et exploitant de la totalité du parc nucléaire belge, a constaté des dégradations dans le béton du bunker sécurisé, situé à côté du bâtiment réacteur des deux installations. Un défaut également constaté sur la 4e tranche de Doel, l’autre centrale nucléaire belge.

Au vu des défauts constatés, l’électricien fixe désormais le redémarrage des réacteurs de Tihange entre le 2 mars (tranche 3) et le 1er juin 2019 (tranche 2). Doel 4, quant à elle, devrait être opérationnelle pour le 15 décembre prochain.

A cela, s’ajoutent les révisions en cours de Tihange 1 (jusqu’au 29 novembre) et des deux premières tranches de Doel (début octobre).

la moitié du parc

Dit autrement, seul le troisième réacteur de Doel produira de l’électricité en ce début d’automne. Et pour le début de l’hiver, la moitié du parc belge (qui fournit la moitié de l’électricité d’outre-Quiévrain) pourrait être en service.

Pour Engie, propriétaire d’Electrabel, «ces révisions de calendrier représentent un impact sur 2018 d’environ 250 millions d’euros au niveau de l’Ebitda et du résultat net récurrent part du Groupe». C’est important. Mais pour la Belgique se profile réellement la menace d’une rupture d’approvisionnement en électricité, notamment au mois de novembre.

le risque du black-out augmente

«La possibilité qu'un certain nombre de communes ou de zones soient temporairement privées d'électricité a augmenté», a confirmé Danielle Devogelaer, experte du Bureau fédéral du plan pour les questions d'énergie et d'électricité, à la radio-télévision flamande (VRT).

Certes, le réseau de transport d’électricité du royaume est connecté aux réseaux néerlandais, français et allemand. Mais les capacités d’importations belges ne permettront pas d’importer 5 gigawatts (GW), a fortiori si la fraicheur s’installe dès le mois de novembre sur l’Europe occidentale.

 



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