Nucléaire: l’EPR reste le cheval de bataille d’Areva

Le 13 décembre 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les deux tranches de Taishan seront construites en moins de 50 mois.
Les deux tranches de Taishan seront construites en moins de 50 mois.
Areva

Le réacteur franco-allemand a beau être le plus cher du monde, il pourrait devenir une référence mondiale. C’est du moins l’espoir nourri par son constructeur, Areva.

Il a fallu réagir. Et vite! Dix jours à peine après la confirmation de l’explosion des coûts de l’EPR de Flamanville [JDLE], Areva a répondu aux critiques.

Réunissant une vingtaine de journalistes, Luc Oursel, président du directoire et Philippe Knoche, directeur général délégué, ont défendu ce matin, deux heures durant, le produit-phare du groupe créé par Anne Lauvergeon.

Restant dans la ligne de communication tracée par l’entreprise depuis plusieurs années, Luc Oursel a reconnu l’ampleur des surcoûts des chantiers des deux premiers exemplaires du réacteur franco-allemand. «Le coût de Flamanville 3 devrait être voisin de celui d’Olkiluoto 3», confirme le président du directoire, soit près de 8,5 milliards d’euros.

Une facture dont le montant ne pourra que baisser par la suite, ont temporisé les deux responsables. Et pour plusieurs raisons.

Malgré les déboires rencontrés, tant en Finlande qu’en Normandie, la construction (toujours en cours) des deux têtes de série a permis d’engranger compétence et expérience. «La moitié des directeurs de gestion et du personnel technique et 90% des acheteurs ayant travaillé sur Olkiluoto 3 et Flamanville 3 travaillent aussi sur Taishan», indique Philippe Knoche.

Résultat: les travaux d’ingénierie progressent beaucoup plus rapidement en Chine, les chaines d’approvisionnement ne sont pas rompues, des progrès sont réalisés dans certaines techniques (ferraillage, notamment). Avec, à la clé, des réductions substantielles de la durée de construction des deux réacteurs chinois.

Au total, les deux premières tranches de la centrale chinoise de Taishan devraient être érigées 40% plus vite que le réacteur finlandais. Environ 95 mois se seront écoulés entre la coulée des premiers bétons d’Olkiluoto et le chargement de son cœur en combustible. Moins de 50 mois seront nécessaires, estime Areva, pour Taishan 1 et 2. Jusqu’à présent, seul Siemens avait réussi pareil exploit avec ses réacteurs Konvoi, source d’inspiration de l’EPR.

Plus rapide et moins cher à construire, l’EPR est donc appelé à produire un courant à un coût toujours plus compétitif. «Si le coût de production de Flamanville devrait osciller entre 70 et 80 €/MWh, celui de nos offres actuelles se situe entre 65 et 75 €. Et nous visons les 60 €/MWh», souligne Luc Oursel.

Autre argument pour séduire la clientèle: l’EPR est le seul réacteur de troisième génération à être certifié par les autorités de sûreté de 4 pays: Finlande, France, Chine et Royaume-Uni, depuis cet après-midi. Seul le réacteur à eau bouillante avancé du groupe Toshiba-Westinghouse fait presque aussi bien: 3 certifications (Japon, Etats-Unis et Taïwan). «Ces éléments expliquent pourquoi l’EPR est le seul réacteur de sa catégorie à être appelé dans tous les appels d’offres internationaux», se réjouit Luc Oursel. Ce qui ne lui réussit pas forcément d’ailleurs. En octobre dernier, le joyau d’Areva a été éliminé, un peu brutalement, du concours international lancé par CEZ, l’électricien tchèque.

Malgré cet échec, Areva garde toute sa confiance en sa machine. Des accords de gré à gré sont en cours de négociation au Royaume-Uni, en Chine et en Inde pour la livraison de 6 tranches; le groupe français ne désespère toujours pas d’emporter le difficile marché tchèque (2 réacteurs), ni les appels d’offres lancés par deux consortiums finlandais pour deux tranches. Par la suite, les opportunités s’annoncent nombreuses. La Pologne, l’Arabie saoudite, l’Afrique du Sud, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Suède s’apprêtent à commander plusieurs dizaines de réacteurs dans les 3 à 5 ans qui viennent. Areva entend rafler au moins 10 commandes d’ici à 2016.



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