Nucléaire: l’ASN suspend le générateur de vapeur de Fessenheim 2

Le 20 juillet 2016 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
La centrale de Fessenheim (Haut-Rhin).
La centrale de Fessenheim (Haut-Rhin).

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a suspendu l’autorisation d’utiliser le générateur de vapeur d’une des deux tranches de la plus vieille centrale de France. Un nouveau coup dur pour Areva, dont 18 réacteurs sont encore sous le coup d’un contrôle pour malfaçons dans sa fonderie du Creusot.

La virole basse du générateur de vapeur n°335 va-t-elle permettre à François Hollande de réaliser en partie l’une de ses promesses? L’ASN a décidé, le 19 juillet, de suspendre le certificat d’épreuve[1] dont bénéficiait Areva depuis 2012 pour l’un des trois générateurs de vapeur installés sur l’un des deux réacteurs de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin). «Le processus de forgeage de la virole basse de ce générateur de vapeur, réalisé en 2008, n’a pas été mené conformément au dossier technique remis à l’ASN et aux règles de l’art», estime l’Autorité. Arrêtée le 13 juin dernier par EDF, la tranche ne repartira qu’après la validation par l’ASN de la démarche qu’Areva compte adopter afin de justifier la conformité de ce générateur de vapeur à la réglementation.

300 tonnes

Or le problème est de taille. Et de poids. Il mesure 20 mètres de haut et pèse quelque 300 tonnes. Le générateur de vapeur est une pièce maîtresse pour la production d’électricité. C’est grâce à ces échangeurs de chaleur qu’est convertie en vapeur l’énergie du circuit primaire des réacteurs nucléaires et qu’est ainsi alimentée la turbine produisant l’électricité. Or, suite à la détection d’une anomalie dans la composition chimique de la partie centrale du couvercle et du fond de la cuve de l’EPR de Flamanville, l’Autorité de sûreté a lancé des revues de la qualité des pièces fabriquées dans l’usine de Creusot Forge. Résultat: 18 réacteurs de 900 ou 1.450 mégawatts[2], en service, étaient bel et bien concernés par des pièces potentiellement défectueuses. Dont Fessenheim 2.

Confinement essentiel

L’ASN fait valoir, sur la base des documents et analyses fournis par Areva, qu’au cours du forgeage de la virole basse, Creusot Forge a opéré des choix techniques qui peuvent conduire «à la présence d’inclusions dans l’acier et à une composition chimique locale du matériau pouvant dégrader sa soudabilité, son vieillissement et ses propriétés mécaniques».

Tests d’Areva

Areva, de son côté, estime que «les analyses techniques conduites par les experts d’Areva NP ont conclu, à ce stade, que l’anomalie n’était pas préjudiciable à la sûreté de l’exploitation». Toutefois, «afin de confirmer la robustesse du dossier», l’entreprise annonce qu’une pièce similaire vient d’être coulée et forgée au Creusot afin de valider ses caractéristiques mécaniques et chimiques.

 

 



[1] Les certificats d’épreuve attestent de l’aptitude au service de ces équipements. Ces certificats sont nécessaires à leur mise en service.

[2] Blayais 1, Bugey 4, Chinon B1 et B2, Civaux 1 et 2, Dampierre 2, 3 et 4, Fessenheim 1, Gravelines 2 et 4, Saint-Laurent-des-Eaux B1 et B2, et Tricastin 1, 2, 3 et 4.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus