Nucléaire: Greenpeace teste et stresse

Le 05 décembre 2011 par Geneviève De Lacour
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Des militants de Greenpeace se sont introduits aujourd’hui 5 décembre dans plusieurs centrales nucléaires, dont celle de Nogent-sur-Seine (Aube), au sud-est de Paris. «Une partie des militants a réussi à grimper sur le dôme de l'un des réacteurs. Le nucléaire sûr n'existe pas», a expliqué Axel Renaudin, chargé de communication de Greenpeace.

Peu de temps après, EDF a annoncé l'interpellation de 9 personnes par la gendarmerie nationale et a précisé que «l'incident [était] clos. Il n'y a pas de trace d'intrusion sur d'autres centrales nucléaires d'EDF». Pourtant l'organisation écologiste a signalé dans la matinée avoir des militants cachés dans d'autres installations nucléaires.

Le ministère de l'intérieur a immédiatement ordonné une fouille «approfondie» de toutes les centrales et installations nucléaires du pays. «Il est clair que cela révèle des défaillances dans notre dispositif, a déclaré Claude Guéant à quelques journalistes. Toutes les leçons doivent en être tirées pour que ce dispositif soit encore plus étanche qu'il ne l'est aujourd'hui», a plaidé le ministre de l'intérieur.

De leur côté, les responsables d'EDF minimisent l’incident. Ils ont assuré qu'il n'y avait eu aucun dysfonctionnement et que les équipes de surveillance du site avaient réagi de manière appropriée à l'intrusion.
 
Pourtant le même genre de scénario s’est déroulé dans les Bouches-du-Rhône. A 6h32, très précisément, une tentative d'intrusion a été détectée sur le centre de recherche du CEA à Cadarache «grâce au déclenchement immédiat des alarmes de clôture du site», affirme un communiqué du CEA. Le service de sécurité du centre est intervenu quelques minutes après, «conduisant au départ précipité de deux individus non identifiés qui se trouvaient à l'extérieur de la clôture», ajoute le communiqué, qui n'évoque pas Greenpeace. Selon un porte-parole du site, ces deux individus avaient découpé un grillage en amont, afin de se rapprocher de la clôture de sécurité. Ils ont abandonné sur place «huit sacs de sport, une poubelle, du scotch et des câbles». Aucune banderole n'a été déployée. Une enquête a été confiée à la section de recherches de la gendarmerie de Marseille et le CEA doit porter plainte.
 
La gendarmerie a signalé d’autres tentatives d'intrusion sur les sites nucléaires du Blayais (Gironde) et de Chinon (Indre-et-Loire). La préfecture de la Gironde a annoncé aujourd’hui l'ouverture d'une enquête. «Une enquête judiciaire est diligentée par le parquet de Libourne et la gendarmerie met en œuvre toutes les mesures de surveillance requises.» Selon elle, «deux échelles posées de part et d'autre de la clôture de propriété du site ainsi qu'une banderole enroulée ont été retrouvées à 7H10 par une patrouille de la centrale nucléaire du Blayais, en charge de la protection du site». Le texte de la préfecture mentionne qu’«aucune pénétration sur le site industriel et protégé n'a eu lieu».
 
Ce soir, Greenpeace annonce que des militants sont toujours cachés sur au moins un autre site nucléaire que celui de Nogent-sur-Seine (Aube). «Nous avons toujours d'autres militants cachés sur au moins un autre site, ils y sont entrés ce matin en même temps que ceux de Nogent, et ils y sont toujours», affirme Axel Renaudin. Greenpeace refuse de révéler le nom de ce site et indique disposer de vidéos de cette opération diffusées sur le site internet de l'organisation.
 
Chargée des questions nucléaires pour Greenpeace, Sophia Majnonia déclaré: «Le but est de démontrer la sensibilité des installations nucléaires françaises, et à quel point il est facile d'atteindre le cœur d'une centrale». Ce qu’aucun des militants n’a réussi à faire. Elle a dénoncé l'audit lancé par le gouvernement sur la sécurité des centrales nucléaires, y voyant «une opération de communication qui ne prend en compte que les risques déjà identifiés dans le passé et ne tire pas les leçons de Fukushima».
Interrogé aux côtés d'Angela Merkel, lors d'une conférence de presse sur la crise, le chef de l'Etat a déclaré: «C'est assez irresponsable de prendre des risques avec sa vie et avec la vie des autres. S'agissant de la sûreté nucléaire, nous publierons absolument la totalité des audits, la transparence nous la devons aux Français».
 
Depuis 25 ans, les militants anti-nucléaire n’en sont pas à leur coup d’essai dans les centrales françaises. Ainsi, en octobre 1986, 9 membres de Robin des bois (France) et Robinwood (Allemagne) escaladent une tour de refroidissement d'une tranche en construction de la centrale de Cattenom (Moselle) pour démontrer les défaillances de sécurité du site. Mai 1996: c’est au tour de 3 militants des associations «Stop Golfech» et «Collectif Paix de Bazens» d’escalader une tour de refroidissement de la centrale de Golfech (Tarn-et-Garonne). Puis en décembre 2003, 45 militants de Greenpeace pénètrent dans la centrale de Penly (Seine-Maritime). Leur action de protestation contre le projet de réacteur européen à eau sous pression (EPR) va durer 4 heures.
12 militants de Greenpeace, de 8 nationalités différentes, occupent en mars 2007, pendant toute une journée, une tour de refroidissement de la centrale de Belleville-sur-Loire (Cher) pour protester contre l'EPR. Enfin, en octobre 2007, 8 membres de Greenpeace montent sur une tour de refroidissement de la centrale de Dampierre-en-Burly (Loiret) pour dénoncer le projet EPR, pendant que d'autres manifestent à l'extérieur du site.
 


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