Nucléaire: Greenpeace de nouveau dans le collimateur de l’Etat

Le 19 décembre 2016 par Marine Jobert
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Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace.
Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace.

Pourquoi une perquisition a-t-elle été menée au domicile du chargé de campagne historique de Greenpeace sur le nucléaire? Yannick Rousselet dénonce ces saisies de données tant professionnelles que personnelles, qui trouveraient leur origine dans une plainte déposée pour «compromission d’un secret de la défense nationale».

«Compromission d’un secret de la défense nationale.» C’est pour ce motif que le domicile du chargé de campagne sur le nucléaire pour Greenpeace France a été perquisitionné le 13 décembre. Yannick Rousselet avait d’abord évoqué un «acte de malveillance», avant de détailler ce 19 décembre les conditions de cette perquisition. «Tôt le matin, ces ‘braves gens’ [de la Direction générale de la sécurité intérieure, l’ex-DST] ont garé leurs berlines noires devant chez moi, enfilé leurs brassards ‘police’ et sont venus perquisitionner mon domicile familial. Ils nous ont pris tous nos supports numériques: téléphones, ordinateurs, disques durs internes et externes, clés USB, cartes SD. Dans cette saisie, des dossiers liés à nos activités militantes, mais aussi toutes nos photos et vidéos de familles», raconte-t-il.

Garde à vue à venir

Une garde à vue pourrait lui être prochainement signifiée, dans le cadre de la plainte qu’auraient déposée Christophe Quintin et le général Christian Riac, respectivement haut fonctionnaire de défense à la sécurité nationale et responsable national de la sécurité nucléaire. C’est le procureur de Paris qui serait en charge de cette enquête.

Transparence

Contacté, Greenpeace France se garde de trop commenter l’affaire. «Pour l’heure, la situation reste extrêmement floue et les informations parcimonieuses. Greenpeace et ses membres assument toujours ce qu’ils font et travaillent en toute transparence. Ce n’est pas le cas des autorités dès qu’il s’agit de questions liées au nucléaire en France, le secret Défense étant tout le temps évoqué pour cacher la vérité ou pour contrer les opposants», estime l’association écologiste. «Yannick Rousselet, rappelle Greenpeace France, a été nommé par le ministère de l’écologie au Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire et siège dans plusieurs commissions locales d’information. Greenpeace n’a rien à cacher. L’organisation demande donc à Christophe Quintin et Christian Riac les raisons exactes de cette perquisition et de cette garde à vue.»

5 ans de prison et 75.000 euros d’amende

La compromission d’un secret de la défense nationale (prise de connaissance non autorisée d’un secret, divulgation, destruction, etc.) peut valoir 5 ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende à son auteur. La définition du secret de la défense nationale embrasse large, puisqu’il concerne les domaines de la défense, de la sécurité intérieure, de la protection des activités financières, économiques ou industrielles, et de la protection du patrimoine scientifique et culturel de la France.



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