Nucléaire : EDF bientôt en faillite?

Le 17 novembre 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Renouvelable et nucléaire : EDF ne pourra pas tout financer à la fois.
Renouvelable et nucléaire : EDF ne pourra pas tout financer à la fois.

Une étude commanditée par Greenpeace estime que la valeur du parc de production est surévaluée. EDF pourrait ne pas pouvoir financer tous ses investissements.

Le nucléaire peut-il mettre EDF en faillite? L’énormité de la question fait sourire. Comment l’un des principaux électriciens du monde, dont le modèle économique est bâti sur l’électronucléaire, pourrait-il être mis en danger précisément à cause de son outil de production?

C’est pourtant la thèse retenue par Alphavalue, dans l’étude prospective qu’elle consacre aux activités atomiques de l’opérateur historique. Mandaté par Greenpeace France, le cabinet d’analyse financière estime que le groupe dirigé par Jean-Bernard Levy n’est pas capable, comptablement, de financer les investissements prévus (Flamanville 3, Hinkley Point 1 et 2, le Grand Carénage, la part d’EDF dans le Cigéo, le rachat d’Areva NP, le développement des énergies renouvelables), la gestion de ses déchets nucléaires et le démantèlement des centrales. Le tout dans un marché européen de l’électricien atone pour longtemps. Une facture dont le montant s’élève à 160 milliards d’euros, estime Alphavalue, soit 15 Md€ par an pour la période considérée (2016-2025): 2,5 à 2 Md€ de plus, par an, que prévu par EDF.

Le coût du démantèlement

Selon l’étude mise en ligne jeudi 17 novembre, «la principale inquiétude» pour l'électricien réside dans le «sous-provisionnement» des coûts du démantèlement des réacteurs et de la gestion des déchets. Le cabinet d’expertise les évalue «entre 57,3 et 63,4 Mden 2025». A comparer aux 25 Md€ de fonds propres de l’énergéticien. «Les sommes de sous-provisionnement sont tellement importantes que leur comptabilisation entraînerait irrémédiablement la faillite d’EDF», notent les auteurs.

Fermeture de 17 tranches

Pour réaliser ses simulations, Alphavalue s’appuie essentiellement sur le rapport de la Cour des comptes, les documents comptables des principaux concurrents d’EDF (Engie, RWE et E.ON), ainsi que sur les coûts du démantèlement de centrales nucléaires aux Etats-Unis.

L’étude prend également en compte le coût prévisionnel de la fermeture proche de 17 tranches, induite par la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV). Alphavalue estime aussi qu’EDF devrait fortement déprécier la valeur de ses centrales, avec le développement annoncé des énergies renouvelables et une demande de courant en baisse.

EDF serein

Interrogé par l’AFP, l’électricien montre une relative sérénité: «Les tests ont été mis en œuvre conformément aux normes comptables en vigueur et n'ont pas fait apparaitre de risques de dépréciation [des centrales]». L’énergéticien souligne aussi que «pour évaluer la valeur d'un actif de long terme, il faut construire des scénarios de prix [de l'électricité] de long terme sur toute la durée de vie de l'actif».



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