Nucléaire: EDF annonce la fermeture de Fessenheim

Le 30 septembre 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les deux réacteurs de 900 MW fermeront avant la fin de l'été prochain.
Les deux réacteurs de 900 MW fermeront avant la fin de l'été prochain.
EDF

La fin de l’un des plus chaotiques feuilletons du quinquennat Hollande est annoncée. L’arrêt définitif de la centrale nucléaire de Fessenheim est acté. Cette fois par EDF.

 

Dans un communiqué, mis en ligne ce lundi 30 septembre, l’opérateur historique indique avoir adressé au ministère de la transition écologique et à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) une demande d’abrogation du décret d’autorisation d’exploitation ainsi que la déclaration de mise à l’arrêt définitif des deux réacteurs de 900 MW de la plus ancienne centrale nucléaire en service dans l’Hexagone.

La nouvelle peut surprendre. Il semblait, en effet, acquis que la centrale alsacienne soit définitivement arrêtée au moment du démarrage du réacteur EPR de Flamanville (dont la puissance est comparable à celle des deux tranches alsaciennes). Les innombrables retards du chantier normand ont sans doute eu raison de ce calendrier.

Si la procédure suit normalement son terme, les tranches 1 et 2 seront, respectivement arrêtées, le 22 février et le 30 juin 2020.

400 millions d'euros

Cette décision, indique le groupe présidé par Jean-Bernard Lévy, fait suite à la signature, vendredi 27 septembre, du protocole d’indemnisation d’EDF par l’Etat au titre de la fermeture anticipée de la centrale.

Aux termes de cet accord, EDF devrait recevoir, en 4 ans, 400 millions d’euros, représentant les dépenses liées à la fermeture de la centrale (dépenses de post exploitation, taxe sur les installations nucléaires de base, coûts initiaux de démantèlement et de reconversion du personnel.

bénéfices ultérieurs

A cette manne s’ajouteront des «versements ultérieurs correspondant à l’éventuel manque à gagner, c’est-à-dire les bénéfices qu’auraient apportés les volumes de production futurs, fixés en référence à la production passée de la centrale de Fessenheim, jusqu’en 2041, calculés ex post à partir des prix de vente de la production nucléaire, et notamment des prix de marché observés».

La première clause de cet accord est conforme à celui conclu fin août 2016 entre EDF et son principal actionnaire: quatre fois plus que l’indemnisation proposée quelques semaines plus tôt par Ségolène Royal, alors ministre en charge de l’énergie.

Quid des actionnaires?

La seconde partie s’annonce plus difficile à écrire. Car comment évaluer le chiffre d’affaires et les marges indexés sur l’évolution des prix de gros pendant deux décennies? En 2014, les députés Goua et Mariton avaient sorti leurs calculettes et estimé entre 4 et 5 milliards le montant total des dédommagements à verser à l’électricien. Des sommes qui n’incluent pas les sommes à payer aux électriciens suisses et allemand (Alpiq, Axpo, BKW et EnBW), actionnaires à hauteur de 30 % de l’installation alsacienne.

Annoncée en 2012, dès l’élection de François Hollande à la présidence de la république, la fermeture de la centrale nucléaire alsacienne n’a cessé d’être retardée durant le précédent quinquennat.

centrale solaire

Ouvert en 2013 par Francis Rol-Tanguy, éphémère délégué interministériel chargé de la fermeture de Fessenheim, le dossier avait été repris en main, quatre ans plus tard, par Sébastien Lecornu. Le secrétaire d’Etat auprès de Nicolas Hulot avait esquissé avec les élus locaux un plan de reconversion du site, prévoyant notamment la construction d’une importante centrale … photovoltaïque. Pas sûr que cette reconversion soit du goût des 900 agents EDF de la centrale.

Adoptée la semaine dernière, la loi climat-énergie prévoit la fermeture d’une quinzaine de réacteurs d’ici à 2035.

 



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