Nucléaire britannique: le contribuable va passer à la caisse

Le 05 juin 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Hitachi prévoit de construire deux réacteurs à eau bouillante.
Hitachi prévoit de construire deux réacteurs à eau bouillante.
Hitachi

Le gouvernement de Theresa May accepterait de prendre une participation dans le projet de centrale nucléaire de Wylfa. Une première.

 

Ce n’est plus un scoop. Pour assurer des revenus à leurs propriétaires, les prochaines centrales nucléaires européennes ne pourront pas compter que sur la seule vente d’électricité sur le marché. EDF Energy l’a bien compris.

Pour assurer la rentabilité des deux réacteurs EPR qui doivent être construits à Hinkley Point, la filiale britannique d’EDF a obtenu de pouvoir vendre leur production à un prix fixé élevé (109 euros le mégawattheure), 35 années durant. Dit autrement, le client devra chèrement payer sa sécurité d’approvisionnement en électricité décarbonée.

Quel soutien choisir?

Mais Hinkley Point C n’est pas le seul projet nucléaire du Royaume-Uni. Dans le Pays de Galles, à Wylfa, Hitachi aimerait bâtir deux réacteurs à eau bouillante de nouvelle génération de 1.400 mégawatts électriques chacun. Le gouvernement britannique n’est pas hostile à la conclusion d’un nouveau contrat pour différence, comparable à celui signé avec le groupe EDF, mais pas au même prix.

Londres veut bien garantir un prix fixe de 91 €/MWh: 16% de moins que pour les EPR tricolores mais 20 € de plus par MWh que la rémunération perçue par les exploitants de fermes éoliennes marines. Pareille proposition n’enchante guère les partenaires nippons du gouvernement de sa Majesté. Les dirigeants d’Hitachi restent divisés sur le projet de Wylfa.

Prise de participation publique

Le gouvernement de Theresa May est désormais prêt à faire une concession. Lundi 4 juin, le ministre de l’économie Greg Clarck a confirmé qu’une nouvelle option était désormais sur la table: une prise de participation publique dans le projet japonais privé. «Pour ce projet, le gouvernement considère un investissement direct, au côté d’Hitachi et des agences japonaises», a-t-il déclaré devant des parlementaires.

Saluée par Hitachi, fustigée par les écologistes, cette déclaration marque un tournant dans la politique énergétique britannique. Jusqu’à présent, Londres s’est toujours refusée à investir de l’argent public dans des projets énergétiques, fussent-ils stratégiques. Ce qui a notamment interdit tout développement nucléaire durant les mandatures de Tony Blair.

Sans attendre la décision finale d’Hitachi (prévue pour 2019), Greenpeace va saisir la direction de la concurrence européenne pour vérifier la compatibilité du projet de Greg Clarck avec les règles encadrant les aides d’Etat.



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