Nucléaire: alerte de la CGT

Le 05 janvier 2006 par Enerpresse
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La sûreté nucléaire est-elle soluble dans la libéralisation? Question récurrente à laquelle il est pas facile de répondre simplement. Hier, la fédération nationale Mines Energie (FNME) de la CGT a relancé le débat, tant «la dégradation des conditions de travail dans les centrales nucléaires s’est accélérée», selon Maurice Marion, son porte-parole.

Pour le syndicat, plusieurs indicateurs sont à prendre en considération. Tout d'abord, les 4 plans d'urgence internes déclenchés depuis le mois de septembre 2005, qui «attestent individuellement, comme dans leur enchaînement, d'une dégradation effective du niveau de sûreté», estime Michel Estevez, administrateur de la FNME. Et les syndicalistes CGT de dénoncer une pression croissante des dirigeants d'EDF pour réduire la durée des arrêts de tranche. «En nous obligeant à ne pas colmater des micro-fuites de vapeur d'un GV lors d'un arrêt de tranche, nous avons dû ré-arrêter le réacteur 20 jours de plus que prévu», tempête un syndiqué de Cruas.

Certains militants dénoncent aussi le recours croissant à des prestataires étrangers sous-payés. «Comment voulez-vous obtenir du travail de qualité en payant les techniciens 9 euros de l'heure», s'inquiète un syndicaliste de Nogent-sur-Seine. Mais le sujet qui fâche le plus les cégétistes reste la Prestation globale d'assistance chantier (PGAC). Décidée en octobre dernier en conseil d'administration, cette PGAC oblige les entreprises à répondre globalement aux appels d'offres. «Cela permet notamment aux employeurs de se placer sous les conventions collectives des bureaux d'études ou du nettoyage qui n'ont rien à voir avec les métiers du nucléaire et sont donc moins protectrices pour les salariés», affirme Michel Estevez. Raison pour laquelle, le syndicat attaquait, hier mardi, devant le tribunal de grande instance de Nanterre (92) la mise en place par EDF de la PGAC.

Qu'elle que soit la décision des magistrats, il semble bien que la pression sur les «nomades du nucléaire» s'accentue d'année en année. Dans son dernier rapport, l'inspecteur général de la sûreté et de la radioprotection d'EDF notait d'ailleurs qu' «un certain nombre d'entreprises prestataires [...] me paraissent aujourd'hui près de «décrocher» alors qu'EDF compte s'appuyer de plus en plus sur elles et dans la durée.» Un avis qu'il convient de méditer à nouveau.




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