Nucléaire: 5,7 Md€ pour démanteler 8 réacteurs d’Europe orientale

Le 21 septembre 2016 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
La centrale d’Ignalina en Lituanie.
La centrale d’Ignalina en Lituanie.
DR

La Cour des comptes européenne s’est penchée sur le démantèlement de trois centrales nucléaires en Lituanie, Bulgarie et Slovaquie. Des coûts en augmentation de 40%, qui pourraient atteindre 5,7 milliards d’euros.

5,7 milliards d’euros. C’est le coût (estimé) pour le démantèlement de 8 réacteurs nucléaires de conception soviétique situés en Lituanie, Bulgarie et Slovaquie, selon un audit mené par la Cour des comptes européenne. L’Union européenne avait fait de l’assainissement des centrales d’Ignalina en Lituanie, de Kozloduy en Bulgarie, et de Bohunice en Slovaquie[1] une condition sine qua non de l’adhésion des trois Etats. Près de 17 ans après le début des chantiers et 5 ans après un premier audit, même si les autorités assurent que les centrales sont irréversiblement fermées et que des éléments essentiels situés dans les zones non contrôlées des centrales ont été démantelés, restent «des défis cruciaux que pose le travail dans les zones contrôlées, y compris les bâtiments du réacteur». D’ici 2020, le soutien de l’UE aura atteint un montant total de 3,8 Md€.

Stockage des déchets

Les trois Etats membres portent la même croix: le devenir des déchets. Et le débat entre les solutions potentielles de stockage définitif pour les déchets de haute activité et le combustible nucléaire usé (lesquelles peuvent être nationales, régionales ou encore définies dans le cadre de l’UE) est loin d’être tranché. «Ces solutions ne sont encore que théoriques, constate la Cour, alors que la mise en œuvre de telles solutions peut prendre des décennies.» D’autant que les Etats essuient les plâtres de techniques qui n’ont encore pas été mises en œuvre. Et les coûts explosent: les 5,7 Md€ du démantèlement pourraient doubler si l’on inclut le coût du stockage définitif.

Pollueur-payeur

Qui paiera? Pas clair, constate la Cour, qui enjoint les Etats à se préparer à imputer les coûts de démantèlement et le coût du stockage définitif à leur budget national, dans le respect du principe du pollueur-payeur. Et si les financements devraient se poursuivre au-delà de 2020, la Cour recommande d’y adjoindre «des incitations adéquates à poursuivre le déclassement, telles la limitation de la durée du soutien et la détermination de niveaux nationaux de cofinancement appropriés».



[1] En Slovaquie et en Bulgarie, il s’agit de réacteurs de puissance à caloporteur et modérateur eau (VVER), une sous-catégorie de réacteurs à eau sous pression. En Lituanie, il s’agit d’un réacteur modéré au graphite (RBMK-1500), une sous-catégorie de réacteurs à eau bouillante, également communément appelé réacteur de type Tchernobyl. C’est la première fois qu’un réacteur modéré au graphite de ce type fait l’objet d’un déclassement.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus