Nouvelles mobilités, nouveaux défis

Le 30 novembre 2010 par Célia Fontaine
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Le rapport du CAS présente les pistes possibles d'organisation de nos systèmes de mobilité.
Le rapport du CAS présente les pistes possibles d'organisation de nos systèmes de mobilité.

Le changement climatique, le renchérissement des prix de l’énergie, et d’autres considérations écologiques et sociales nous obligent à repenser la place de l’automobile dans notre société. Le Centre d’analyse stratégique a présenté aujourd’hui 30 novembre 19 pistes pour permettre aux pouvoirs publics d’accompagner la transition vers de « nouvelles mobilités ».

L’automobile ne fait plus rêver. Elle représenterait même une contrainte pour 62 % des Français (et 79 % des Européens). Trop de temps perdu dans les congestions, plus assez de stationnements, le modèle urbain actuel n’est pas en adéquation avec les demandes et attentes des automobilistes.

Autre constatation : les émissions de gaz à effet de serre ont diminué dans tous les secteurs. Sauf dans les transports, où elles ont augmenté de 20 % depuis 1990. Si les progrès technologiques attendus dans les motorisations des véhicules thermiques, électriques et hybrides, ainsi que dans les énergies utilisées, sont à prendre en compte (pouvant aller jusqu’à 50 % de gains d’efficacité énergétique d’ici 2030) (dans le JDLE), « ils ne suffiront à répondre ni aux objectifs de lutte contre le changement climatique, ni aux enjeux sociaux et territoriaux d’une mobilité durable », estime Vincent Chriqui, directeur du Centre d’analyse stratégique (CAS).

Enfin, il semblerait que notre mode de consommation et d’utilisation de l’automobile n’est pas exportable dans les pays émergents. « La demande chinoise d’hydrocarbures pour les transports pourrait quadrupler de 2005 à 2030, si l’on suit les derniers scénarios de l’Agence internationale de l’énergie», explique Vincent Chriqui. Cette demande correspondrait aux deux tiers de l’accroissement de la demande pétrolière de la Chine. Toutes ces raisons ont amené les auteurs du rapport à proposer de nouvelles formes de mobilité, en se basant notamment sur des exemples à l’étranger.

En premier lieu, il est recommandé d’organiser le dialogue entre des constructeurs automobiles et les autorités territoriales, qui pourrait se faire lors d’un « forum national ». « Les voitures sont construites au niveau mondial, sans prendre en compte les habitudes locales. Il est important que cela change et que les deux parties se rencontrent pour se mettre d’accord sur la façon de concevoir les véhicules », estime Olivier Paul-Dubois-Taine, président du groupe de travail. Constat que partage Pascal Feuillard, directeur Marketing stratégique chez PSA Peugeot-Citroën. « La grande difficulté des constructeurs est de trouver des alternatives à la production en grande série, actuellement utilisée pour réduire les coûts d’acquisition. Mais les demandes locales sont nombreuses, sur les questions de pollution, d’encombrement », remarque-t-il.

Il faut ensuite donner aux autorités locales qui organisent les transports les compétences pour favoriser le développement de nouvelles mobilités. Les transports collectifs ne répondent qu’à une partie du problème de la mobilité. Entre eux et la voiture individuelle, l’offre est encore restreinte. « Il faudrait donner les moyens aux autorités pour faire le tri entre les véhicules adaptés à la ville et ceux qui ne le sont pas », relève Olivier Paul-Dubois-Taine. Dans cette thématique, la recommandation 10 du rapport vise à inciter à l’usage du transport ferroviaire pour les longs trajets touristiques par des offres combinées associant le train et la location d’une voiture.

Troisième axe de réflexion : repenser le partage de la voirie et de l'espace public, au profit du vélo, de véhicules propres peu encombrants, des transports collectifs et des nouvelles mobilités. « Cela passe par des solutions simples, comme par exemple un coup de peinture pour délimiter les zones cyclistes sur les grandes voies, ce qui fait ralentir les voitures plus efficacement qu’une zone 30 », remarque Olivier Paul-Dubois-Taine. Cela passe également par la promotion des petits véhicules légers (à deux, trois ou quatre roues), ou les véhicules électriques ou hybrides rechargeables. Mais la part de ces derniers ne devrait pas dépasser 10 à 15 % des ventes à l’horizon 2020. Tout le monde n’est pas d’accord avec cette proposition. « Le véhicule électrique n’est pas une réponse à l’écologie », pour François Bellanger, fondateur de Transit-city, Urban & mobile think tank. « Le nucléaire n’est pas propre en raison des déchets qu’il génère. Il s’agit d’un discours qui permet au constructeur de repenser son offre », poursuit-il.

Autre piste, faciliter l'arrivée de nouveaux opérateurs et services de mobilité « par la mise à disposition locale d'espaces publics et par l'adaptation de réglementations nationales ». On pense ici à l’auto-partage. A Ulm en Allemagne, plus de 10 % de la population est déjà inscrite au service d’auto-partage mis en place. En France, le rôle des pouvoirs publics est « d’éviter d’empêcher de faire », souligne Olivier Paul-Dubois-Taine, pour que le dispositif puisse voir le jour. La pratique du covoiturage devrait également s’étendre, en facilitant l’usage collectif d’automobiles personnelles sous-utilisées (recommandation n° 15).

Enfin, le rapport s’est penché sur les services d'information adaptés aux nouvelles mobilités et à la société numérique. « Le téléphone portable géolocalisé, ou le smart phone, ou l’iPhone, bref les smart devices, pourraient signaler à chaque usager, là où il se trouve, les services dont il dispose ainsi que les offres de mobilité pour y accéder », détaille Vincent Chriqui. Demain, sur un véhicule électrique, nous devrions pouvoir bénéficier non seulement d’un indicateur nous donnant le nombre de kilomètres qu’il est possible de parcourir, mais également d’un écran nous indiquant les bornes de recharge accessibles et disponibles, lorsque l’autonomie sera faible, le nombre de kilomètres avant la prochaine révision, etc. Pour y parvenir, le rapport recommande notamment de lancer au niveau national un appel d’offres pour le développement de logiciels d’information des usagers des nouvelles mobilités.



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