Nouvelle-Zélande: le carbone plus rentable que l’élevage

Le 03 mai 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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En Nouvelle-Zélande, planter rapport des crédits.
En Nouvelle-Zélande, planter rapport des crédits.
FOA

 

Subventionnée, la plantation d’arbres génère des crédits carbone: une source de revenus parfois plus importante que l'élevage.

 

Il n’y a pas que le rugby en Nouvelle-Zélande. Il y a aussi l’agriculture. Le secteur primaire occupe plus de la moitié du territoire de l’archipel, dont plus de 90% sont trustés par des pâturages. Globalement, les produits agricoles et agroalimentaires représentent plus de la moitié des exportations du pays; le secteur laitier à lui seul assure 27,3 % des exportations totales.

La Nouvelle-Zélande est ainsi le premier exportateur mondial de produits laitiers. Bien que divisé par deux depuis les années 1980, le cheptel ovin y reste considérable: plus de 30 millions de moutons sont élevés chaque année.

Ces activités qui ne produisent que 5% du PIB sont-elles appelées à évoluer?

modèle agricole

Pas impossible. Car la plantation d’arbres devient rentable aux antipodes. Wellington a lancé un important programme d’afforestation pour, notamment, compenser les émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’agriculture.

Un milliard d’arbres doivent prendre racine d’ici à 2028. Pour inciter les propriétaires à manier la pelle et le plantoir, le gouvernement octroie plusieurs centaines de dollars de subventions par hectare reboisé. Ce n’est pas tout. L’afforestation est aussi une activité éligible au marché du carbone néo-zélandais (NZ ETS). La plantation d’arbres, comme le pin de Monterey (Pinus radiata), génère des crédits carbone aux agriculteurs, cessibles sur le marché du carbone.

l'afforestation mieux payée que le lait

Avec le doublement (depuis 2016) du prix moyen des quotas d’émission, un fermier peut percevoir 700 $NZ (415 €) par hectare replanté, à partir de la 5e année de croissance des jeunes plants. A opposer aux 387 $NZ (229 €) de revenu généré, à l’hectare, par l’élevage.

Un hectare planté en pin de Monterey absorbant chaque année 30 tonnes de CO2, pendant 30 ans, un exploitant peut espérer un peu plus de 20.000 $NZ (11.859 €) de revenu, à quoi s’ajoutent les 5.000 $NZ (2.965 €) que pourraient apporter la vente du bois, au bout d’une trentaine d’années. Planter ou élever, il va peut-être falloir choisir? Moutons et bovins ont du mouron à se faire.

 



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