Nouvelle tentative pour exploiter la glace de feu

Le 16 janvier 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Voilà des années que les géologues cherchent à exploiter le fabuleux potentiel énergétique des hydrates de méthane. Aussi baptisé clathrate, cet étrange «cristal», essentiellement constitué de méthane et d’eau, s’est formé à partir du carbone organique, au fil des âges géologiques. Les principaux gisements se trouvent dans certains fonds marins et dans le permafrost.


Selon les estimations sommaires du service géologique américain, la quantité de carbone piégé par les hydrates de méthane pourrait s’élever à 10.000 milliards de tonnes: deux fois le tonnage de carbone piégé dans les gisements connus de combustibles fossiles. Ou 13 fois la quantité de carbone actuellement contenu dans l’atmosphère. Dans le seul golfe du Mexique, les réserves d’hydrates pourraient être plusieurs centaines de fois supérieures à celles de gaz naturel.
 

Bien évidemment, Américains, Japonais, Russes et Européens cherchent les moyens techniques de collecter ces gisements de gaz naturel, aussi bien sur terre que sous la mer.
 

En partenariat avec ConocoPhillips et la Japan Oil Gas and Metals National Corporation (JOGMEC), un laboratoire du ministère américain de l’énergie (DOE) va prochainement tester, dans le nord de l’Alaska, une nouvelle méthode d’extraction de cette glace de feu. Son principe est simple. Le gaz extrait dans la région pétrolière (voisine) de Prudhoe Bay est naturellement riche en CO2 (jusqu’à 12%).

Les chercheurs vont donc capter ce gaz carbonique indésirable et le réinjecter dans le forage Ignik Sikumi. Selon des expériences menées par des chercheurs de l’université de Bergen (Norvège), le CO2 injecté (puis stocké) dans les sables riches en hydrates remplacerait le méthane dans sa cage d’eau. Une fois cette chasse réalisée, les techniciens mettront le puits de forage en dépression pour récupérer la plus grande quantité possible de méthane.
 

Expérimentale, cette technique offre plusieurs avantages. Elle est moins consommatrice d’énergie que l’injection d’eau chaude, initialement testée sur le champ Mallik en 2002. En utilisant le dioxyde de carbone «indésirable» de puits de gaz voisins, les scientifiques imaginent réduire le bilan carbone de l’opération. Elle pourrait permettre d’accroître l’offre mondiale de gaz naturel, ce qui réduirait la demande de pétrole et de charbon, plus émetteurs de gaz à effet de serre.
 

Gros producteurs de gaz de schiste et de gaz compact, les Américains ne tablent pas sur une exploitation rapide de ces nouveaux gisements. Les compagnies japonaises, en revanche, envisagent la mise en production du champ de Nakaï, situé à 700 kilomètres au sud-est du Japon, dès 2015.

 



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