Nouvelle tentative de sauver l’esturgeon européen

Le 10 janvier 2020 par Stéphanie Senet
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Une campagne de sensibilisation menée dans le cadre d'un programme Life
Une campagne de sensibilisation menée dans le cadre d'un programme Life

En danger critique d’extinction, l’esturgeon européen est visé par un deuxième plan national d’actions 2020-2029 publié pour consultation.

Les grandes lignes du plan de sauvetage de l’esturgeon européen (Acipenser sturio) sont connues. Elles viennent d’être publiées dans le cadre de la consultation mise en œuvre jusqu’au 10 janvier sur le site du ministère de la transition écologique. Reste à savoir si elles seront plus efficaces que le premier plan mis en œuvre entre 2011 et 2015, dont l’échec a été révélé par le classement de l’espèce «en danger critique d’extinction» par l’UICN[1] en juillet dernier. L’espèce anadrome est victime de pêche intensive, de l’artificialisation des fleuves, la destruction des zones de frayères, la construction de barrages, l’extraction de granulats et la pollution des eaux. Elle ne compte plus que 505 individus selon les chiffres de 2015 (Irstea, Migado).

 

Première alerte dans les années 1950

Pour mémoire, le premier plan tricolore avait été lancé après le programme international de conservation adopté en 2007 dans le cadre de la convention de Berne. Alors que la première alerte remonte, en France, aux années 1950 et que son statut d’espèce protégée date de 1982 dans l’Hexagone et de 1998 en Europe.

Le ministère de la transition affirme cette fois-ci viser «la conservation de l’espèce dans son milieu naturel, la protection de ses habitats estuariens et fluviaux, la conservation du stock captif et le lâcher de juvéniles issus de reproductions assistées», enfin «des efforts de recherche et de coopération internationale».

 

Petites avancées

La croissance sexuelle tardive (10 ans pour les mâles, 15 ans pour les femelles) de l’esturgeon européen le rend particulièrement vulnérable. C’est par ailleurs un poisson de grande taille (de 1,45 à 2,2 mètres et de 13 à 70 kg). Les travaux de feu le Cemagref (aujourd’hui fusionné dans l’INRAE) –dans le cadre d’un programme Life- ont permis quelques avancées, comme la reproduction assistée de géniteurs sauvages (1995) puis élevés en captivité (2007) donnant des larves viables. Une victoire qui a permis de réaliser des stocks de précaution en France et en Allemagne.

 

Sensibilisation des pêcheurs

D’autres programmes Life se sont intéressés à sensibiliser les pêcheurs sur  l’état de l’espèce pour réduire les captures accidentelles en mer, fleuve et estuaire, notamment grâce à des campagnes d’information. Les déclarations de ces captures sont aujourd’hui recensées par l’Institut national de recherche en agriculture, alimentation et environnement (INRAE), nouvel établissement né de la fusion entre l’INRA et l’IRSTEA.

Face à ces enjeux majeurs, la France ne doit pas manquer le coche. La dernière population mondiale, issue du bassin Gironde-Garonne-Dordogne, évolue actuellement dans les eaux de la mer du Nord et du Golfe de Gascogne.

 



[1] Union internationale de conservation de la nature