Nouvelle sécheresse, nouvelles questions

Le 21 juillet 2006 par Laure Pollez
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Après un été 2005 très éprouvant, l’été 2006 promet aussi des problèmes d’approvisionnement en eau. Face à ce problème récurrent, se pose la question des moyens de prévention.

Mercredi 19 juillet, le comité de suivi de la sécheresse, qui réunit les ministères chargés de l’agriculture et de l’environnement, ainsi que les syndicats, a tenu sa troisième réunion. Son constat est sans appel, la France connaît à nouveau un épisode de sécheresse: «Le début de l'été s'avère à la fois plus sec et plus chaud que la normale sur l'ensemble du pays». En juin, le déficit en pluviométrie s'est amplifié, après les précipitations du printemps, si bien qu’en juillet, la faiblesse des pluies a entraîné une dégradation rapide de la situation.

A en croire l’indice d’étiage tenu à jour par le ministère en charge de l’environnement (1), la situation est très comparable à celle de l’année 2005, qui avait déjà été particulièrement difficile. Cependant, grâce aux précipitations du printemps, le déséquilibre hydrologique est bien moins important qu’en 2005, où l’on avait débuté l’été presque à sec. Aujourd’hui, si le niveau de rivières est bas, les bassins et les nappes ont encore quelques ressources. Cependant, 43 départements sont déjà soumis à des restrictions d’eau, qui concernent aussi bien les particuliers que les industriels et agriculteurs (2).

Comment prévenir de telles situations dans l’avenir ? Les pistes sont ténues. Etant donné que la consommation agricole peut représenter 80 à 90% des besoins en été, contre 50% le reste de l’année, «c’est bien là qu’il faudra commencer les économies» explique Jean-Claude Vial, sous-directeur de la Direction de l’eau au ministère en charge de l’environnement. Effectivement, un appel avait été lancé pour la réduction des cultures à forte irrigation. Ainsi, après un recul de 9% en 2005, la surface consacrée au maïs est encore en recul cette année, de 8% en moyenne. Cette évolution est remarquable notamment en Midi-Pyrénées (-10%), Poitou-Charentes (-12%) et Bretagne (-16%).

Manifestement, cela ne suffit pas. Cependant, Jean-Claude Vial se montre rassurant: «Au niveau mondial, le stress hydrique se définit par une ressource inférieure à 1.000 mètres cubes (m3) par an et par habitant. En France, la ressource est évaluée à 3.000 m3 par an et par habitant, sans pression démographique majeure – nous sommes donc bien placés». Reste effectivement à gérer des problèmes ponctuels, à certains endroits, à certains moments, en affinant la répartition de cette ressource. En 2003, le travail d’interconnexion des réseaux, initié en 1976, a été relancé, pour favoriser le partage de l’eau. Le projet de loi sur l’eau devrait aussi donner, en temps de pénurie, la priorité à l’eau potable sur l’agriculture et l’électricité.

Une autre piste, c’est bien sûr la chasse aux fuites d’eau: «On l’a oublié parce qu’on était riche, mais les fuites peuvent représenter jusqu’à 20% de la circulation dans un réseau», précise Jean-Claude Vial. Enfin, il est question de créer de nouvelles réserves d’eau: incitation fiscale pour la récupération des eaux de pluie, valorisation des eaux usées et, peut-être, création de nouveaux bassins de réserve. «Sur ce sujet, nous sommes ouverts, dans la mesure du raisonnable, environnemental et financier», explique Jean-Claude Vial. «La ministre a par exemple récemment évoqué le barrage de Charlas»… (3)

En tout cas, dans l’immédiat, le gestion de crise semble progresser. A la Direction régionale de l’Environnement (Diren) d’Ile de France, on relève que les départements du bassin Seine-Normandie, peu habitués à ces tensions avant 2003, sont parvenus cette année à prendre très tôt des arrêtés cadre de bassin (pris dans 20 départements sur 25), avec des niveaux de vigilance, d’alerte et de crise harmonisés.


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