Nouvelle offensive des négationnistes du réchauffement

Le 09 septembre 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Pas de lien entre CO2 et réchauffement estiment les signataires.
Pas de lien entre CO2 et réchauffement estiment les signataires.
De Smog

Alors que l’Union européenne s’apprête à durcir ses objectifs climatiques, les climato-sceptiques déclenchent une nouvelle campagne contre les sciences du climat.

C’est souvent au nombre des ses détracteurs que l’on évalue l’importance d’un événement. Un axiome qui fonctionne avec la politique européenne.

Présidé par Ursula von der Leyden, le prochain exécutif communautaire, dont la liste des membres a été publiée ce lundi 9 septembre, doit arrêter ses priorités dans les prochaines semaines. Au cœur du programme : un Pacte vert qui prévoit la réduction de 55 % des émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2030 et la neutralité carbone en 2050.

L’objectif en effraie quelques-uns. Ils vont le faire savoir. Dans les prochains jours, un courriel devrait être envoyé aux présidents de la Commission, du Conseil et du parlement européens, mais aussi au secrétaire général de l’ONU et à la secrétaire exécutive de la convention sur le changement climatique.

Pas d'urgence climatique

Intitulé «il n’y a pas d’urgence climatique», le courriel nie le lien entre concentration dans l’atmosphère du CO2 et changement climatique. Il réfute la précision (et donc l’intérêt) des modèles climatiques. Il assène enfin que «la plupart des moyens d’atténuation des émissions de CO2 utilisés actuellement ont un effet dévastateur sur la faune sauvage.»

Faut-il en rire? Révélé par le site d’information De Smog, ce projet de courriel reprend les arguments habituels des climato-sceptiques. Dans les 400 signataires, on trouve d’ailleurs des membres éminents de cette diaspora, comme le Français François Gervais, la Britannique Valentina Zharkova ou l’Américain Richard Lindzen. Sans trop creuser, on exhume aussi la signature de lobbyistes employés par de pseudo centres de réflexion, à l’instar du Cato Institute, Competitive Entreprise Institute, Heartland Institute, tous financés par la famille Koch, milliardaires américains notoirement sceptiques.

Lobby néerlandais

A en croire De Smog, l’envoi du courriel sera complété par une série de conférences de presse, à Bruxelles, Oslo et Rome. Leur organisation sera coordonnée par Climate Intelligence (Clintel): un nouveau lobby anti climat néerlandais. Lancée au printemps dernier, cette organisation est présidée par Guus Berkhout, ancien professeur de gestion de l’innovation de l’université de Delf. Clintel est financé par Niek Sandmann. Le riche promoteur amstellodamois a investi 500.000 euros dans la création de Clintel, afin de délivrer, enfin, au grand public la bonne information sur le changement climatique.

Cette nouvelle offensive climato-sceptique intervient au moment où l’Europe et plusieurs pays s’apprêtent à renforcer leurs objectifs climatiques. Le détail de ces nouveaux engagements sera connu lors du sommet sur le climat que le secrétaire général de l’ONU organise, à New York le 23 septembre. Ce sursaut rappelle l’appel de Heidelberg. Signée quelques semaines avant le sommet de la terre de Rio par des centaines de scientifiques, cette pétition jetait le discrédit sur le message d’organisations environnementales et sur le contenu des conventions onusiennes sur la protection de la biodiversité et du climat.

Appel de Heidelberg

«L'état de nature, parfois idéalisé par des mouvements qui ont tendance à se référer au passé, n'existe pas et n'a probablement jamais existé depuis l'apparition de l'homme dans la biosphère, dans la mesure où l'humanité a toujours progressé en mettant la nature à son service, et non l'inverse», estimaient les centaines de scientifiques, artistes qui avaient apposé leur signature en bas du texte.

Ce qu’ils ignoraient, c’est que ce brûlot avait été rédigé par Communications économiques et sociales, bureau de lobbying de l’industrie de l’amiante française. Les scientifiques dignes de ce nom ne peuvent ignorer tant la réalité du changement climatique que ses effets sur la désertification, l’agriculture de vastes régions courant de l’Amérique centrale à l’Extrême-Orient. A moins, bien sûr, d’avoir d’autres motivations que la manifestation de la réalité.



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