Nouvelle menace pour le golfe du Mexique

Le 12 août 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les zones anoxiques du Golfe s'étendent sur 20.000 km2.
Les zones anoxiques du Golfe s'étendent sur 20.000 km2.

Après la marée noire, ce sont les algues nourries par les résidus agricoles qui polluent le golfe du Mexique.

 

La partie américaine du golfe du Mexique n’en a pas fini avec la pollution. A peine dissipées les craintes d’une marée noire persistante, voici que survient une nouvelle menace : les « zones mortes ». Le phénomène n’est pas nouveau. Tout au long de l’année, les milliers de tonnes de nitrates et de phosphore véhiculées par le puissant Mississipi se déversent dans l’Océan.

Mais au début de chaque été, sous l’effet de la chaleur, ces nutriments provoquent l’apparition de blooms algaux, grands consommateurs de l’oxygène de l’eau de mer. De nombreuses zones du Golfe deviennent ainsi totalement anoxiques : chaque litre d’eau contient moins de deux milligrammes d’oxygène. Outre la pollution générée par les algues vertes, cette désoxygénation a de piètres conséquences. Une bonne partie de la faune marine s’asphyxie ou s’éloigne de ces « dead zones », comme les surnomment familièrement les pêcheurs du Golfe.

 

Cette année, le phénomène est particulièrement virulent. Selon une étude réalisée par Nancy Rabalais, du Louisiana Universities Marine Consortium, pour le compte de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA, l’administration américaine de la météorologie et de la gestion des océans), ce sont près de 20.000 kilomètres carrés (deux fois la superficie du département de la Gironde) qui manqueraient d’oxygène, au large des côtes de Louisiane. Soit 33 % de plus que la surface moyenne observée depuis 1985.

 

Sans l’affirmer avec certitude, Nancy Rabalais estime que c’est l’importance des épandages d’engrais agricoles qui est responsable de ce surplus de pollution. Quelle qu’en soit la cause, le phénomène n’est pas du goût des professionnels de la mer, dont les activités dans la région représentent un chiffre d’affaires annuel de 2,8 milliards de dollars (2,1 milliards d’euros). Déjà pénalisés par les conséquences de la marée noire, les pêcheurs de crevettes ne sont pas à la fête. Le volume de leurs prises est inférieur de 70 % au tonnage habituel, hors période estivale.

 

Quelle sera l’évolution des zones anoxiques du Golfe ? Bien malin qui peut répondre à la question. Certains scientifiques estiment qu’elles se disperseront rapidement du fait des tempêtes. Sous le double effet des vagues et des vents, l’eau s’agite, diluant les zones anoxiques. Or, à en croire les prévisionnistes de l’université du Colorado, la saison cyclonique 2010 s’annonce comme l’une des plus actives depuis des années sur larégion. D ’autres, à l’instar de Robert Diaz, professeur d’écologie marine au College of William & Mary de Gloucester Point (Virginie) rappelle que l’hypoxie peut se produire en très peu de temps, une fois les conditions réunies.

 

Pour dépolluer le Golfe, il faudra donc non seulement enlever le pétrole de BP, mais convaincre aussi les fermiers du Midwest de réduire leurs épandages d’engrais.



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