Nouvel éco-bilan de l’industrie gazière US

Le 14 février 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les fuites de gaz sont de 25% à 75% supérieures aux estimations de l'EPA.
Les fuites de gaz sont de 25% à 75% supérieures aux estimations de l'EPA.
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Cela faisait longtemps. Longtemps que les scientifiques ne s’étaient écharpés sur le très sensible sujet de l’empreinte carbone du gaz naturel. Une problématique d’abord mise sur la place publique avec les articles publiés, ces dernières années, sur les taux de fuite des puits américains de gaz de schiste. La problématique étant simple: plus ces fuites sont importantes, plus le bilan carbone de l’industrie gazière est lourd. Certains scientifiques, tel Robert Howarth, n’hésitent pas à affirmer que l’utilisation du gaz de schiste est aussi nocive pour le climat que le charbon. Estimation combattue avec force par l’industrie gazière.

Le derniers opus ne calmera pas les esprits échauffés par ces controverses. Jeudi 14 février, Science a jeté un pavé dans la mare, en publiant un papier plutôt original. Il synthétise les travaux d’une équipe menée par Adam Brandt. Avec ses 15 co-auteurs, le professeur d'ingénierie des ressources énergétiques à l’université Stanford a analysé plus de 200 études sur les taux de fuite de méthane du système gazier américain: du puits à la centrale électrique, du gazoduc à la station-service. De cette méta-analyse, les chercheurs tirent deux conclusions essentielles.

D’abord, l’étanchéité n’est pas la qualité première du système gazier américain: en résumé, les taux de fuite déterminés par les 200 études analysées sont de 25% à 75% supérieurs aux estimations de l’agence fédérale de protection de l’environnement (EPA). Pour mémoire, le pouvoir de réchauffement du méthane, principal composant du gaz naturel, est 25 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone.

S’appuyant sur ces nouvelles données, le papier établit également le bilan environnemental de certaines utilisations du gaz naturel. Contrairement à Robert Howarth, Adam Brandt et ses co-auteurs estiment qu’il est préférable pour le climat que les centrales thermiques consomment du gaz plutôt que de la houille. En revanche, la «gazéification» des poids lourds et des bus doit être arrêtée. Les nouveaux moteurs diesel étant moins émetteurs de gaz à effet de serre que les véhicules au gaz.

 



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