Nouveau record pour le CO2: 405,5 ppm

Le 22 novembre 2018 par Romain Loury
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Le taux de croissance du taux de CO2
Le taux de croissance du taux de CO2
OMM

La teneur atmosphérique en dioxyde de carbone (CO2) ne cesse de grimper: en 2017, elle a atteint un nouveau record de 405,5 parties par million (ppm), contre 403,3 ppm en 2016, révèle le Bulletin annuel de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) sur les gaz à effet de serre (GES) publié jeudi 22 novembre.

Que ce soit pour le CO2, le méthane (CH4) ou le protoxyde d’azote (N2O), la hausse des teneurs atmosphériques, responsables du réchauffement climatique, se poursuit à une cadence soutenue. Principal gaz à effet de serre, le CO2 (66% du forçage radiatif dû aux GES à longue durée de vie) a vu sa teneur augmenter de 2,2 ppm entre 2016 et 2017, un rythme similaire à sa moyenne annuelle des 10 dernières années (+2,24 ppm par an).

Idem pour le méthane, responsable de 17% du forçage radiatif: sa teneur atmosphérique s’est élevée de 7 parties par milliard (ppb) pour atteindre 1.859 ppb en 2017, alors que le rythme annuel des 10 dernières années était de +6,9 ppb/an. Quant au protoxyde d’azote, il a atteint 329,9 ppb en 2017, soit une hausse de 0,9 ppb depuis 2016 pour un rythme annuel de +0,93 ppb/an.

Record de hausse en 2016

Si l’augmentation de ces trois gaz est similaire à celle observée au cours des 10 dernières années, elle est un peu inférieure à celle de 2016 par rapport à 2015, du moins pour le CO2 (+3,2 ppm): ces années-là ont été touchées par un fort épisode El Niño, qui a entraîné des sécheresses en zone tropicale, réduisant la capacité de puits, tels que les forêts et la végétation, à capturer le CO2.

Depuis 1990, le forçage radiatif s’est élevé de 41% au niveau mondial, une évolution dont le CO2 est responsable à 82% pour ces 10 dernières années. «La dernière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c’était il y a 3 à 5 millions d’années: la température était de 2 à 3°C plus élevée et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres par rapport au niveau actuel», indique le secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas.

Vers un tournant climatique

«Si l’on ne réduit pas rapidement les émissions de GES, et notamment de CO2, les changements climatiques auront des conséquences irréversibles et toujours plus destructrices pour la vie sur Terre. La période propice à l’action est sur le point de s’achever», ajoute-t-il.

Après le rapport du Giec sur les conséquences d’un réchauffement restreint à +1,5°C et ce bulletin annuel de l’OMM, le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) publiera, mardi 27 novembre, son rapport annuel sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions. Autant de nouvelles données qui seront discutées à la COP24, qui se tiendra du 3 au 14 décembre à Katowice (Pologne).



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