Nouveau rapport de l’Afsset sur les radiations non ionisantes

Le 07 avril 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) a publié, mardi 6 avril, un avis sur les effets sanitaires des champs électromagnétiques d’extrêmement basses fréquences.

Le dossier n’est pas nouveau. Voilà plus de trois décennies que les épidémiologistes et cancérologues s’attachent à établir un lien ou l’absence de lien entre cancers et exposition à ces radiations non ionisantes. Le sujet est épineux, car nous évoluons dans un univers baigné de ces champs magnétiques (réseau de transport d’électricité, appareils électroménagers, etc.). Et cela n’ira pas en diminuant avec l’arrivée prochaine de flottes de voitures électriques. La question posée à l’Afsset n’est pas nouvelle. Saisie le 25 juin 2008 par trois ministères (santé, environnement, travail), l’agence de Maison-Alfort devait réaliser une synthèse de la littérature scientifique internationale et proposer des recommandations. C’est chose faite.

Même si les mécanismes d’action n’ont jamais pu être décrits, les radiations non ionisantes semblent avoir des effets indésirables. Dès 1979, une étude épidémiologique américaine associait risque de développement de certains cancers chez les enfants à la proche présence de réseaux électriques. Des effets que l’on retrouve, par la suite, dans les résultats de nombreuses études, sans que l’on puisse décrire de relations de cause à effet. Pour autant, le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) a classé, en 2002, comme cancérogènes probables les champs électromagnétiques dont la fréquence oscille entre 50 et 60 Hz (réseau électrique, plaque à induction). La recherche ne s’est pas arrêtée pour autant : le conseil supérieur de l’hygiène publique de France, l’Organisation mondiale de la santé et le comité scientifique en charge de l’évaluation des risques sanitaires et environnementaux au sein de la Direction santé et Protection des consommateurs de la Commission Européenne (SCENIHR) ont publié des avis scientifiques sur la question.

Que ressort-il de la synthèse de l’Afsset ? A dire vrai, pas grand chose. Certes, les effets à court terme de ces radiations sont connus et documentés, nous dit l’agence. Mais pour le reste, la science ne semble gère avoir progressé. « Concernant l'hypersensibilité électromagnétique, syndrome très hétérogène, les données actuelles ne permettent pas d'établir de relation de cause à effet avec les champs

électromagnétiques extrêmement basses fréquences. » Pour les effets à long terme : « il existe une forte convergence entre les différentes évaluations des expertises internationales (organisations, groupes d'experts ou groupes de recherche), qui se maintient dans le temps. Une association statistique entre exposition aux champs magnétiques extrêmement basses fréquences et leucémie infantile a été observée par différentes études épidémiologiques. Ces études montrent même une bonne cohérence entre elles. Elle est statistiquement significative pour une exposition résidentielle, moyennée sur 24 h, à des champs magnétiques dont les niveaux sont supérieurs à 0,2 ou à 0,4 micro tesla, selon les études. » Toutefois, aucun mécanisme biologique de cet effet n’a encore été mis en évidence. L’absence de relation démontrée entre les effets et les doses de rayonnements reçues rend illusoire, pour le moment, la fixation de normes d’exposition.

Dans le doute, l’agence sanitaire formule pourtant quelques recommandations. Comme il est souvent de coutume dans pareilles circonstances, elle demande de poursuivre certains types de recherches (effets biologiques des rayonnements, indicateurs d’exposition, évaluation des expositions réelles des personnes et de l’émission des appareils). L’Afsset préconise aussi de renforcer l’information des entreprises du secteur électrique et d’organiser une veille scientifique. Par précaution, elle estime nécessaire d’éloigner les lignes à très haute tension, d’au minimum 100 mètres, des établissements recevant du public sensible (hôpitaux, maternité, école). Une recommandation qui, à l’évidence, intéressera RTE, exploitant et gestionnaire de 100.000 km de lignes à haute et très haute tension.

 

Télécharger l’avis de l'Afsset

 



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