Nouveau projet de recherche pour valoriser les sargasses

Le 02 octobre 2018 par Stéphanie Senet
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Les chercheurs vont notamment analyser les différents polluants (arsenic, chlordécone, etc)
Les chercheurs vont notamment analyser les différents polluants (arsenic, chlordécone, etc)

Alors que les échouages augmentent aux Antilles, les algues sargasses font l’objet d’un nouveau projet interdisciplinaire de recherche, conduit pendant 18 mois par le CNRS et l’Université antillaise et financé par l’Ademe.

Des débouchés pour les algues sargasses? C’est ce que vont chercher des scientifiques alors que depuis 2011, deux espèces –Sargassum fluitans et Sargassum natans– s’échouent régulièrement sur les côtes des Caraïbes. Ce phénomène pose des problèmes sanitaires et économiques en raison des émanations importantes de sulfure d’hydrogène engendrées par la décomposition des algues.

Ramassages à la pelle
 
Alors qu’un ramassage de ces algues en 48 heures chrono a été imposé par le ministère de la transition écologique en juin dernier, leur valorisation devient impérative. Un projet a déjà été conduit en 2015 en Martinique sous la houlette de l’Ademe, pour tester des épandages sur plusieurs types de culture (banane, canne, melon, laitue, concombre et patate douce), mais cette nouvelle recherche va préciser leur contamination par des polluants. Les sargasses accumulent en effet les métaux lourds comme l’arsenic, ainsi que le chlordécone, insecticide massivement utilisé aux Antilles. Une contamination trop forte empêcherait toute valorisation en compost destiné à l’agriculture.

Trois volets de recherche

Intitulé ECO3SAR et piloté par le laboratoire Borea[1], ce projet s’appuie sur des échantillons prélevés en juillet et en octobre sur 45 sites de Guadeloupe et de Martinique. Son premier volet vise à étudier la valorisation agricole, en partenariat avec l’entreprise Holdex Environnement, spécialisée dans la production de compost. Deuxième volet: étudier le processus de dégradation des sargasses en identifiant les micro-organismes associés. Enfin, le dernier volet portera sur la création potentielle d’une filière aux Antilles et sur l’acceptation sociale de cette valorisation par la population locale. Rendez-vous au printemps 2020.



[1] CNRS, MNHN, SU, IRD, Université Caen Normandie et Université des Antilles, en collaboration avec le laboratoire d’analyses départemental de la Drôme



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