Nouveau coup dur pour Areva

Le 03 mai 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Forgée au Japon, la cuve du réacteur de l'EPR d'Olkiluoto n'est pas concernée par les falsifications françaises.
Forgée au Japon, la cuve du réacteur de l'EPR d'Olkiluoto n'est pas concernée par les falsifications françaises.
VLDT

L’ex-leader mondial du nucléaire reconnaît des «incohérences» dans le système de contrôle de qualité de sa forge de Saint-Marcel. Ces accrocs pour la sûreté nucléaire pourraient impliquer d’autres industriels du secteur.

Après sa piètre gestion du chantier d’Olkiluoto (Finlande), les interrogations pesant sur la qualité de l’acier de la cuve et du couvercle du réacteur de l’EPR de Flamanville, place aux «anomalies» du suivi de fabrication des pièces forgées sur l’un des sites d’Areva. Dans son édition du mardi 3 mai, Les Echos révèlent une nouvelle affaire impliquant le groupe nucléaire français.

 

Trop de carbone nuit à l’acier

 

Tout commence le 7 avril 2015. Ce jour-là, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) rend publique la détection d’une «anomalie» dans la composition de l’acier dans certaines zones du réacteur de l’EPR en cours de construction à Flamanville (Manche). Pour simplifier, la concentration en carbone de l’acier du couvercle et du fond de la cuve du réacteur est trop riche à certains endroits. De quoi jeter le doute sur la résistance de ces éléments vitaux en situation accidentelle.

 

Logiquement, le gendarme du nucléaire français ordonne à l’équipementier de tester la qualité de son acier et de diligenter une enquête. Tout naturellement, les regards se portent vers l’usine Creusot-Forge de Saint-Marcel (Loire), où sont forgées la plupart des grosses pièces métalliques de l’ex-leader mondial du nucléaire. Avec raison.

 

«Anomalies dans le suivi des fabrications»

 

Vendredi 29 avril, Areva annonçait la découverte d’«anomalies, en cours de caractérisation, dans le suivi des fabrications». On n’en saura pas plus, si ce n’est que, selon l’industriel, «ces anomalies relèvent d’actions du passé». De quoi s’agit-il? Selon notre confrère, la forge, propriété d’Areva depuis 2006[1], a produit des années durant des pièces dont la qualité n’était pas toujours conforme au cahier des changes des clients.

 

A peine forgées, ces pièces faisaient l’objet de tests (mécaniques, thermiques) dont les résultats étaient consignés dans le dossier de fabrication. Ensuite, ces résultats étaient reportés dans des procès verbaux par les auditeurs du contrôle qualité. Or, et c’est la principale découverte des limiers d’Areva, bon nombre des résultats consignés par ces derniers ne correspondent pas aux données contenues dans les dossiers de fabrication.

 

Pour Areva, deux explications sont possibles: certains tests complémentaires ont pu être réalisés sans que leurs résultats soient mentionnés dans le dossier de fabrication, ou alors il y a eu falsification des dossiers de qualité, ceux que l’on présente au client. Sur les 10.000 dossiers visés, environ 400 seraient concernés par ces «incohérences», estime l’ASN. Ces pièces, précise le gendarme du nucléaire, ont été produites entre 2015 et 1965.

 

Le réacteur Jules Horowitz non conforme?

 

Areva n’est pas le seul industriel concerné par ces entorses au contrôle qualité. Le 18 avril dernier, l’ASN indiquait collaborer avec les autorités judiciaires après la découverte, par Bureau Veritas, de «falsification» de rapports de contrôle qu’il avait produits pour le compte de SBS. Située à Boën (Loire), cette forge est soupçonnée par les enquêteurs d’avoir livré des pièces, notamment pour la construction du réacteur de recherche Jules Horowitz, non conformes aux spécifications techniques. Ces pièces étaient accompagnées de certificats contrefaits, mais signés du laboratoire d’analyse métallurgique du Bureau Veritas.

 



[1] Auparavant, l’usine faisait partie du groupe Schneider. Elle fut par la suite vendue à Arcelor, France-Essor, puis à Areva

 



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