« Nous souhaitons devenir un acteur significatif de l’éolien »

Le 08 septembre 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Philippe Cochet, senior vice-president d’Alstom Hydro & Wind.
Philippe Cochet, senior vice-president d’Alstom Hydro & Wind.

Trois ans après son entrée dans le secteur, Alstom Power confirme ses ambitions éoliennes mondiales, comme l’explique Philippe Cochet, senior vice-president d’Alstom Hydro & Wind.

 

Alstom Power vient de conclure un important contrat éolien avec Iberdrola. Est-ce un pas important pour l’activité éolienne du groupe ?

C’est tout à fait significatif et ce pour 3 raisons. D’une part, ce contrat de 200 millions d’euros est la marque de la continuité. C ’est en 2008 que nous avons débuté notre relation avec Iberdrola. Avec ce contrat conclu avec Scottish Power Renewables [filiale de l’énergéticien espagnol, ndlr], nous poursuivons notre collaboration. En vendant 69 turbines de 3 MW et 6 machines de 1,67 MW, nous réalisons notre plus grosse opération au Royaume-Uni. Enfin, c’est la plus grosse vente de machine de 3MW, qui est un modèle que nous avons lancé il y a un an à peine.

 

Quelle est désormais l’importance du carnet de commande éolien d’Alstom ?

Durant le premier semestre, nous avons conclu trois contrats : au Brésil (80 MW), au Maroc (100 MW) et comme je vous le disais, au Pays de Galle avec 217 MW de capacité à installer. Cela fait plus de 300 MW, ce qui est conforme à nos prévisions.

 

La France vient d’annoncer le lancement prochain d’un nouvel appel d’offres pour l’éolien offshore. En serez-vous ?

Nous suivons, bien sûr, ce qui se passe dans l’Hexagone. Cela étant, le vrai marché de l’éolien offshore se situe au Royaume-Uni. Paris veut réaliser 6 GW d’éolien en mer, contre 37 GW, outre-Manche. L’intérêt de ce genre d’appel d’offres est de donner de la visibilité aux industriels. Pour autant, je pense que ce genre de projets restera l’apanage de grandes compagnies électriques. Car l’éolien offshore reste très cher et il est difficile de rentabiliser un parc de moins de 300 MW de capacité. De plus, l’offshore français est plus complexe qu’ailleurs : les zonages ne sont pas encore publiés et le nombre d’interlocuteurs est très important.

 

Vous avez annoncé l’arrivée dans la gamme d’une machine de 6 MW. Quand donnera-t-elle ses premiers tours de pales ?

Le premier prototype, qui sera installé à terre, commencera à produire à la fin de l’année prochaine. Nous testerons également une machine en mer à partir de 2012. Et la fabrication en série doit démarrer en 2014.

 

Alstom est encore un acteur modeste dans le secteur éolien. Intervenez-vous sur les mêmes marchés que vos concurrents de plus grande taille ?

Tout dépend. Nous sommes présents en Espagne, où, en partenariat avec Gas Natural, nous allons développer des fermes éoliennes en Catalogne. Nous avons plusieurs parcs en cours de développement en France. Mais notre pays de cocagne reste le Royaume-Uni. Ce qui ne nous interdit pas d’intervenir au Maroc ou au Brésil.

 

Au Brésil, où vous ne vous contentez pas d’installer des turbines…

Effectivement, c’est un pays que nous connaissons bien puisque nous y sommes présents depuis une cinquantaine d’années. Nous construisons une usine d’assemblage, dans la région de Bahia. A partir de cette base, dont la capacité de production sera de 300 MW/an, nous entendons poursuivre notre développement en Amérique latine. Nous procédons de même aux Etats-Unis, où nous sommes en train d’achever une autre usine d’assemblage, au Texas.

 

Rien en Chine et en Inde ?

Nous devons cadencer notre croissance. Depuis que nous avons racheté Ecotechnia, en juin 2007, nous avons élargi la gamme de machines et conclu des contrats là où Alstom est capable de convaincre ses clients de la fiabilité de ses machines.

 

Un développement à marche lente, donc. Que vous évoquent les rumeurs d’un désengagement de Suzlon du capital de REPower ?

Elles nous intéressent, ne serait-ce que par l’impact sur le marché de l’éolien que pourrait avoir la sortie de Suzlon. Certes, nous avons annoncé que nous souhaitons devenir un acteur significatif de l’éolien mondial, mais la crise pose de réels problèmes de financement. De plus, les marchés changent. Nous assistons à un véritable glissement vers la Chine.Tout cela doit inciter à la prudence.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus