Nous croulons sous l'azote

Le 15 octobre 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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En un siècle, l’Humanité a gravement perturbé le cycle de l’azote, un cycle géochimique vieux de 2,5 milliards d’années. Telle est la principale conclusion de l’article publié la semaine passée dans Science par Donald Canfield (université du Danemark du Sud) et deux confrères américain et canadien.


La faute, estiment les trois biologistes, en revient essentiellement à l’utilisation massive d’engrais azotés. Selon leur calcul, ces « sources anthropiques » augmentent d’un facteur 2 l’azote qui est fixé par les sols. Il est vrai, rappellent-ils, que les agriculteurs ont multiplié par 8 les tonnages d’azote épandus sur les cultures entre 1960 et 2000. Les plantations de maïs, de riz et de blé en étant les plus grosses consommatrices.

Problème, l’efficacité de ces épandages tourne autour de 40 %. Le reste est donc lessivé ou dénitrifié vers l’atmosphère, avant d’avoir pu être assimilé par la biomasse. L ’azote lessivé finit dans les cours d’eau, les lacs et les estuaires. D’où l’accroissement de zones frappées d’eutrophisation.

Dans des conditions anoxiques (des sols très humides, par exemple), l’azote se transforme en protoxyde d’azote (N2O), un gaz à effet de serre dont le pouvoir de réchauffement global est 310 supérieur à celui du CO2.

L’accroissement annoncé de la population mondiale n’augure rien de bon. Car, pour nourrir plus de 9 milliards d’habitants au milieu du siècle, de formidables efforts de productivité vont être demandés aux agriculteurs. Par facilité - technique et économique -, ils pourraient être tentés d’épandre des quantités toujours plus importantes d’azote. Or les excès d’azote ne seront jamais fixés par les plantes ni par le sol. Résultat : la concentration atmosphérique de N2O risque de s’accroître, ainsi que les zones côtières polluées par les algues bleues ou vertes.

Pourtant, rappellent les chercheurs, des solutions, simples à mettre en œuvre, permettent d’éviter la double catastrophe. A commencer par la rotation des cultures ou l’apport d’azote en fonction des besoins réels des plantes. Les auteurs recommandent aussi d’utiliser des variétés qui fixent plus l’azote, voire des végétaux génétiquement modifiés.



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