Nourrir les oiseaux, charité mal ordonnée

Le 05 mai 2015 par Romain Loury
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Le gérygone ne mange pas de pain-là
Le gérygone ne mange pas de pain-là
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Donner du pain ou des graines aux oiseaux n’est pas forcément leur rendre service. Très prisée par les retraités, cette pratique pourrait favoriser les espèces invasives, plus souvent granivores ou omnivores, au détriment des locales, révèle une étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas).

Première étude à étudier le nourrissage des oiseaux urbains de manière aussi détaillée, ces travaux ont été menés en Nouvelle-Zélande, pays dont les oiseaux ont la particularité d’être quasi-exclusivement insectivores, frugivores et nectarivores, jamais omnivores ou granivores. A la différence de plusieurs espèces invasives, dont le moineau domestique d’origine européenne et la tourterelle tigrine, d’Asie.

Pour Josie Galbraith, de l’université d’Auckland, et ses collègues, donner du pain ou des graines à des oiseaux faciliterait donc l’expansion de ces espèces, comme le prouve leur expérience. Lors de celle-ci, les chercheurs ont demandé à 12 propriétaires de maisons avec jardin de nourrir les oiseaux pendant 18 mois, tandis que 12 autres devaient strictement s’en abstenir.

Moineaux et tourterelles en hausse

Très rapidement, les moineaux domestiques devenaient 2,4 fois plus nombreux dans les jardins où ils étaient nourris, les tourterelles tigrines 3,6 fois plus. A l’inverse, plusieurs espèces locales, dont le gérygone de Nouvelle-Zélande, insectivore, tendaient à disparaître de ces jardins, probablement du fait d’une compétition avec ces nouveaux arrivants. Fait encourageant, la situation revenait vite à la normale, une fois que les propriétaires mettaient fin au nourrissage.

En Europe, où nombre d’espèces locales sont granivores ou omnivores comme les espèces invasives, le problème se pose de manière différente qu’en termes d’origine. L’équilibre urbain entre espèces pourrait toutefois s’en trouver altéré: au-delà de l’origine géographique, «l’étude démontre de manière directe que le passe-temps qui consiste à nourrir les oiseaux contribue de manière importante à modeler les communautés aviaires dans les zones urbaines», concluent les chercheurs.



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