Notre-Dame-des-Landes: le temps des naturalistes

Le 16 janvier 2013 par Marine Jobert
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Une salamandre tachetée présente sur les 2.000 hectares concernés par le projet d'aéroport.
Une salamandre tachetée présente sur les 2.000 hectares concernés par le projet d'aéroport.
DR

Ils étaient 202. Dans la brume dominicale, ils étaient 202 à avoir rejoint les rangs des naturalistes en lutte contre l’aéroport de Notre-Dame des Landes. Un appel à se réunir le 13 janvier lancé trois semaines auparavant a suffi à les réunir. Chaussés de hautes bottes pour arpenter les zones humides, équipés de jumelles pour ne rien rater des soubresauts du bocage, stylo et carte en main pour cartographier les lieux, ils ont réalisé leur «état zéro» de cette zone de 2.000 hectares. «Ceux qui avaient l’œil ont permis aux autres de repérer les multiples traces de vie animale, même au cœur de l’hiver», raconte un naturaliste sur le blog des naturalistes en lutte. «Des poils de sanglier laissés dans les bauges aux déjections de chouette, en passant par les grimpereaux accrochés aux troncs, et sans oublier le chevreuil qui a décollé à quelques mètres de nous. On préfère ce type de décollage à celui d’un A 320.» Sur le terrain, l’adhésion est totale: l’Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Acipa) soutient la démarche et 40 des 41 agriculteurs de la zone les ont autorisés à traverser leurs terres.

Cet inventaire n’est évidemment pas le premier du genre. Mais la question naturaliste avait par trop disparu des radars ces derniers temps, selon François de Beaulieu, l’un des initiateurs du projet. «La force des arguments techniques, économiques, politiques contre le projet d’aéroport a eu presque tendance à faire oublier l’importance du dossier écologique. Il s’agit de remettre la biodiversité au centre des arguments d’opposition», explique-t-il au Journal de l’environnement. Et elle est partout, dans les haies, au creux des talus, le long des ruisseaux, tapie au creux des mares, lovée dans les prairies humides et les arbres creux… Les mesures de compensation proposées par Vinci –qui propose de compenser la fonctionnalité des écosystèmes- paraissent dérisoires à François de Beaulieu. «La destruction de ces 2.000 ha de zones humides préservées de l’agriculture intensive et d’un seul tenant, c’est incompensable!»

A quoi vont servir les données récoltées? C’est la Commission scientifique chargée de valider les mesures compensatoires au titre de la loi sur l'eau qui devrait en être la première destinataire. Elle a été mise en place en décembre dernier par l’Etat, mais les mesures compensatoires ne sont pas validées et la commission d’enquête a émis une réserve obligatoire à ce sujet. Les membres de la commission «bénéficieront de nos observations», confirme François de Beaulieu, qui espère également intéresser le grand public. Mais c’est aussi la communauté scientifique qui est interpellée à travers cet inventaire citoyen. «Impliquer des scientifiques d’envergure, en les informant et en leur montrant que leur communauté s’engage, cela peut avoir du poids.»

Les naturalistes en lutte se donnent désormais rendez-vous chaque deuxième dimanche du mois. Et les groupes thématiques –chauve-souris, batraciens, oiseaux, etc.- se réuniront en fonction des espèces observées.

 



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