Notre-Dame-de-Paris: une plainte contre X déposée

Le 29 juillet 2019 par Romain Loury
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Environ 400 tonnes de plomb
Environ 400 tonnes de plomb
VLDT

L’association Robin des Bois a porté plainte contre X pour «mise en danger délibérée de la personne d’autrui» et «non-assistance à personne en danger», suite aux révélations d’une forte pollution par le plomb aux alentours de Notre-Dame-de-Paris, a-t-on appris lundi 29 juillet.

Lors de l’incendie de Notre-Dame-de-Paris, le 15 avril, environ 400 tonnes de plomb qui sont volatilisées, retombant sous forme de poussières dans un périmètre encore inconnu. Après la révélation dans la presse de niveaux astronomiques de ce métal lourd à proximité du site -dont les autorités avaient connaissance-, la mairie de Paris a annoncé, jeudi 25 juillet, la fermeture de deux écoles du 6ème arrondissement, ainsi qu’un arrêt du chantier de reconstruction.

Les autorités ont-elles joué la montre, espérant maintenir la population dans l’ignorance de la pollution? C’est ce que soupçonne l’association Robin des Bois, qui a déposé, vendredi 26 juillet, plainte contre X devant le tribunal de grande instance de Paris pour «mise en danger délibérée de la personne d’autrui» et «non-assistance à personne en danger».

Des informations «au compte-gouttes»

«Pendant plusieurs heures, les autorités ont laissé la population se regrouper pour assister au désastre, les gens restaient sous le panache, alors qu’il y aurait dû y avoir des mesures de confinement», juge Charlotte Nithart, porte-parole de Robin des Bois, contactée par le JDLE.

Quant à la mise en danger délibérée de la personne d’autrui, elle s’illustre par «l’absence, la carence, voire la rétention d’informations», dispensées «au compte-gouttes» au fil des révélations. Or ce manque d’information, avec des prélèvements tenus secrets par la préfecture, a empêché la population de se prémunir de la pollution au plomb. Et ce malgré les quelques recommandations, fort indigentes, dispensées fin avril par l’agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France.

Laisser passer l’orage

Pour Charlotte Nithart, les autorités ont «naïvement cru que ça n’allait pas se savoir. Il y a eu la volonté de laisser le commerce reprendre, et les touristes revenir près de la cathédrale, et surtout de ne pas inquiéter à l’approche de la saison touristique. Tout en espérant qu’il allait beaucoup pleuvoir et que le plomb allait partir dans la Seine. Ils ont dû croire que les résultats allaient rester en interne».

Robin des Bois envisage par ailleurs de porter plainte pour «délit de pollution des eaux», en raison d’une possible contamination des eaux et des sédiments de la Seine. Le plomb pourrait avoir imprégné la chaîne alimentaire, jusqu’aux poissons et aux crustacés pêchés dans la baie de Seine, craint Charlotte Nithart. A ce jour, aucune analyse n’a été publiée à ce sujet.



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