Nos phares et balises en perdition

Le 08 février 2013 par Stéphanie Senet
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Une soixantaine de phares pourraient être transférés au Conservatoire du littoral
Une soixantaine de phares pourraient être transférés au Conservatoire du littoral
© Société nationale pour le patrimoine des phares et balises

La Cour des Comptes a adressé, le 7 février, un référé au ministère de l’écologie sur la situation critique des phares et des balises. Elle craint en effet un gouffre financier à venir en raison de la dégradation de l’état des 120 phares et 130 feux et maisons-phares en service le long de nos côtes.

C’est que les phares ont perdu leurs gardiens dans les années 2000. Le ministère de l’écologie a alors recherché des dispositifs de valorisation. Quelques initiatives ont abouti au maintien d’une forme de maintenance et d’entretien. Mais le plus souvent, les phares ont été dégradés, alors que le Grenelle s’était engagé à «valoriser leur patrimoine» (engagement n°103).

«Sans concrétisation de la démarche engagée, l’état des phares ne pourra que se dégrader. Il en résultera des dépenses accrues d’entretien, voire de remise en état et de dommages collatéraux sur des sites protégés adjacents», mettent en garde les magistrats de la rue Cambon.

Leur remise au Conservatoire du littoral ou des partenariats avec des collectivités locales n’ont pas été finalisés (1).

Le transfert des phares au Conservatoire se heurte à des obstacles juridiques et financiers. L’établissement procédant surtout à des acquisitions foncières, une modification législative serait nécessaire pour étendre son action sur la conservation d’une soixantaine de phares, situés sur des caps ou des îles. Ensuite, il n’a pas les moyens d’assumer cette nouvelle mission. L’élargissement de l’assiette du droit annuel de francisation de la navigation (DAFN), qui devrait rapporter 5 millions d’euros en 2013, ne lui est pas destiné. Pire, sa quote-part a été réduite de 2 millions d’euros en 2012 (pour totaliser 37 M€).

Le rapport de la Cour des comptes ajoute qu’une autre modification législative est souhaitable pour permettre aux collectivités territoriales et aux associations de gérer certains phares, à l’instar de ce qui existe pour les parcs nationaux.

Il ajoute que leur sortie du domaine public n’est pas recommandée. «On a pu observer, dans d’autres pays européens, que des sites cédés ont été mal entretenus», justifie-t-il.

Les services du ministère ont désormais deux mois pour répondre à la Cour des comptes.

(1) Seul un premier groupe de phares, dont le Stiff d’Ouessant, lui a été transféré en 2012

 

 



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