Nos maisons détruisent les terres agricoles

Le 21 juillet 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Plus de maison individuelle, c'est moins de terres agricoles.
Plus de maison individuelle, c'est moins de terres agricoles.
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La moitié de l’artificialisation des terres est imputable au développement de la maison individuelle. C’est l’un des principaux enseignements d’une note publiée ce mardi 21 juillet par le ministère de l’agriculture.

Ce n’est plus tout un fait un scoop: nos activités réduisent à grande vitesse la surface des terres agricoles[1]. Entre 2006 et 2014, 491.000 hectares ont ainsi été «artificialisés», dont les deux tiers de terres agricoles. Ce sont désormais 9,3% du territoire métropolitain[2] qui est asphalté, bétonné ou transformé en carrés d’herbes pour enjoliver les zones commerciales ou pavillonnaires.

Si les espaces «naturels» et les champs sont potentiellement menacés, tous ne sont pas logés à la même enseigne. Entre 2006 et 2014, la déprise agricole a restitué 815.000 ha à la «terre». Dans le même temps, 584.000 ha ont été défrichés. Gain net: 231.000 ha. D’un autre côté, les constructions ont grignoté 395.000 ha de forêts et de landes, mais de généreux propriétaires ont rendu 238.000 ha à dame nature. Perte sèche: 158.000 ha. En additionnant les gains agricoles aux pertes urbanistiques, on constate que la surface des forêts et landes s’est accrue de 74.000 ha en 9 ans.

54.000 hectares par an

Tel n’est pas le cas des sols cultivés et des prairies. En une décennie, les terres agricoles ont perdu 566.000 hectares. Après un pic observé entre 2006 ou 2008, où la crise économique et un grand nombre de départs à la retraite ont conduit 83.000 ha de terres agricoles sous le béton, les surfaces artificialisées n’augmentent plus que de 54.000 ha par an. Le rythme habituel, pourrait-on dire.

Entre 2006 et 2014, les deux tiers de l’artificialisation des terres métropolitaines ont touché les terres agricoles, alors que celles-ci représentent moins de la moitié des espaces non urbanisés. Normal: on construit plus facilement dans les plaines (où proliféraient champs et prairies) que sur les pentes escarpées. «Cette tendance est accentuée pour certains usages du sol: l’habitat individuel, les chantiers, les services publics et les activités industrielles se développent à plus de 70% sur des terrains agricoles», soulignent les rédacteurs.

Lotissements et routes

Pour autant, la maison individuelle a une responsabilité particulière dans l’artificialisation des sols français. Nos «Sam’suffit» et leurs jardins ont dénaturé plus de 228.000 ha, soit 46% du total. Une expansion imputable à la croissance démographique «mais aussi au choix des ménages qui privilégient la maison individuelle». Bien que progressant au même rythme, l’habitat collectif ne représente que 3% des nouvelles surfaces artificialisées.

Habiter toujours plus loin des villes impose de construire toujours plus de routes. Raison pour laquelle l’accroissement des réseaux routiers constitue le deuxième usage du sol artificialisé (16% entre 2006 et 2014).

A plusieurs reprises depuis la première conférence environnementale de 2012, le président de la République a fait de la lutte contre l’artificialisation des sols l’une de ses priorités.

 

 



[1] En 2014, les espaces naturels s’étendaient sur 22,8 millions d’hectares, soit 40% du territoire. Les sols agricoles couvraient 28 Mha, soit 51% du territoire.

[2] Soit 5,1 Mha.

 



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