Norovirus: une infection sur sept d’origine alimentaire

Le 26 mars 2015 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Les norovirus GII.4 plus contagieux
Les norovirus GII.4 plus contagieux

Seules 14% des gastroentérites liées au norovirus découlent réellement d’une exposition alimentaire. Pour le reste, il s’agit de transmissions dites secondaires, de personne à personne, révèle une étude publiée dans la revue Emerging Infectious Diseases.

Bien que responsables du plus grand nombre d’infections alimentaires, les norovirus, très contagieux mais généralement bénins, figurent parmi les moins connus. Non seulement leur étude in vitro n’en est qu’à ses balbutiements, mais il est quasi impossible, en raison des épidémies fulgurantes qu’ils provoquent, de retrouver l’aliment en cause ou de déterminer à quelle étape il a été contaminé.

Dès lors, on en sait encore très peu sur la répartition, au cours d’une épidémie, entre les cas primaires (contractés directement par l’alimentation) et les cas secondaires (liés à une transmission par une personne infectée). L’étude menée par Linda Verhoef, de l’Institut national de la santé publique et de l’environnement à Bilthoven (Pays-Bas), et ses collègues lèvent un voile sur cette question, cruciale pour la prévention.

Grâce aux données de trois grands registres d’infections alimentaires d’origine virale[1], complétées d’une analyse de la littérature, les chercheurs estiment que seuls 14% des cas d’infections par un norovirus sont directement liés à l’alimentation. Les 86% restants seraient donc le fait d’infections secondaires.

Ces chiffres varient selon le génotype du virus. Pour le groupe GII.4, seuls 10% des cas sont d’origine alimentaire, contre 27% pour les autres génotypes et 37% pour les infections liées à un mélange de souches, dont une du groupe GII.4.

«Sydney», ou la bougeotte du norovirus

Particulièrement contagieux, les virus du groupe GII.4 comptent dans leurs rangs la souche «Sydney». Depuis son identification en mars 2012, elle s’est imposée, en Europe comme au Etats-Unis, comme la principale responsable de gastroentérites liées au norovirus.

Pour les chercheurs, «la transmission alimentaire représente une cible majeure d’intervention, en raison de la possibilité d’une exposition large, et la possibilité de prévenir aussi bien les cas primaires que secondaires une fois les aliments contaminés rappelés». Une prévention certes efficace pour les pathogènes bactériens, mais qui semble encore très lointaine pour ceux de type viral.

Selon un bilan publié en octobre 2014 par le département américain à l’agriculture (USDA), les norovirus arrivent au 4e rang des infections alimentaires les plus coûteuses (2,55 milliards de dollars par an, soit 2,33 Md€), derrière les salmonelles, la toxoplasmose et la listériose. Sur les 8,9 millions d’Américains contractant chaque année une infection alimentaire, 5,4 millions la doivent à un norovirus.



[1] Noronet (Union européenne), Calicinet (Etats-Unis) et EpiSurv (Nouvelle-Zélande)

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus