Norovirus: les huîtres françaises globalement de bonne qualité

Le 28 août 2013 par Romain Loury
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Mieux vaut acheter ses huîtres chez le producteur qu'au supermarché.
Mieux vaut acheter ses huîtres chez le producteur qu'au supermarché.

Le taux de contamination par norovirus des huîtres françaises récoltées dans l’Atlantique se situe autour de 9%, selon une étude publiée par une équipe de l’Ifremer dans l’International Journal of Food Microbiology.

Cette étude est la première en France à évaluer la contamination d’huîtres mises sur le marché par norovirus, principal responsable des gastroentérites hivernales. Avec 9% de positifs parmi les 387 échantillons prélevés en Vendée [1], la qualité de ces produits est «correcte», juge Françoise Le Guyader, responsable du Laboratoire de microbiologie (Ifremer[1]) de Nantes, contactée par le JDSA.

Ce chiffre est similaire à ceux retrouvés lors de précédentes études menées au Japon (5%) et aux Etats-Unis (3,9%), mais bien en deçà des 76,2% trouvés au Royaume-Uni, pays dans lequel la réglementation paraît bien plus souple qu’en France en matière de lieux de production.

Selon l’étude française, c’est au cours des mois d’hiver (décembre, janvier, février, mars) que surviennent la quasi-totalité des contaminations parmi les huîtres françaises. En cause, la fréquence élevée de gastroentérites, avec des rejets accrus de norovirus dans l’environnement, entraînant ainsi une contamination des huîtres, explique Françoise Le Guyader.

Quant à savoir si les niveaux de contamination relevés étaient suffisants pour provoquer une gastroentérite, difficile de conclure. «Pour le norovirus de génotype I, la dose infectieuse se situe autour de 10 particules virales», ce qui en fait l’un des pathogènes humains les plus infectieux, explique Françoise Le Guyader. Toutefois, rien ne prouve que cette dose soit la même pour d’autres norovirus, dont ceux de génotype II, les plus fréquents chez l’homme.

De manière plutôt inattendue, le norovirus est plus fréquemment retrouvé sur les huîtres prélevées en supermarché que parmi celles achetées directement au producteur. Pour Françoise Le Guyader, cette «observation milite en faveur d’une amélioration de la traçabilité dans les supermarchés», en particulier contre un éventuel mélange d’huîtres de différents producteurs. «Plus les lots sont mélangés, plus le risque d’avoir des positifs s’élève», poursuit la chercheure.

A la différence des bactéries (E. coli, salmonelles), il n’existe aucune obligation de contrôler la présence de virus —dont norovirus— sur les huîtres, faute de méthode officiellement approuvée. Un tel outil de détection est en cours d’élaboration au niveau européen, explique Françoise Le Guyader. Le sujet intéresse de près les autorités, raison pour laquelle ces travaux ont bénéficié d’un financement de la Direction générale de la santé (DGAL).

En février dernier, il avait ainsi fallu que surviennent des cas d’intoxication collective par norovirus pour que la préfecture de la Manche prenne des mesures d’interdiction de commercialisation des coquillages de la zone de production Blainville-Gouville.

[1] D’origine vendéenne, bretonne ou normande, les huîtres analysées étaient prélevées chez des producteurs, des grossistes et dans des supermarchés, tous situés en Vendée.

 



 

[1] Ifremer: Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer

 

 



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