Nonant-le-Pin: Ségolène Royal décrète qu’il est urgent d’attendre

Le 27 août 2015 par Stéphanie Senet
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La ministre de l'écologie lance une nouvelle expertise
La ministre de l'écologie lance une nouvelle expertise

Lors de son déplacement à Alençon (Orne) le 26 août, la ministre de l’écologie s’est abstenue de toute décision concernant l’exploitation, à Nonant-le-Pin, de la méga-décharge par Guy Dauphin Environnement (GDE).

 

Lors d’une conférence de presse, Ségolène Royal s’est contentée de «vivement déconseiller à l’entreprise de reprendre son activité». Hugues Moutouh, directeur général de GDE et ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, avait en effet annoncé début juillet son intention de rouvrir le site en septembre.

La ministre de l’écologie a aussi annoncé le lancement d’une nouvelle expertise du site à partir du 31 août, assurée sur le plan technique par des hydrogéologues du Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM), ce qui constitue selon elle un moratoire «de fait». Pour rappel, les associations ont porté plainte en juillet pour faux et usage de faux contre GDE parce qu’elles avaient découvert des omissions volontaires et des erreurs dans l’étude d’impact. «Les hydrogéologues devront désormais vérifier sur le fond les informations transmises par l’exploitant, notamment en matière de résistivité et d’imperméabilité des sols. Jusqu’ici, ils avaient seulement validé l’étude d’impact sur le plan procédural, comme la réglementation les y oblige», décrypte pour le JDLE Jacques Carles, porte-parole de Nonant Environnement et de Sauvegarde des terres d’élevage. Les premiers résultats sont attendus dans le courant du mois de septembre.

 

Un site inexploitable

Contesté aussi bien par les associations environnementales que par les élus locaux, le centre de stockage de déchets industriels a été ouvert pendant seulement trois jours, du 20 au 22 octobre 2013, avant d’être bloqué pendant près d’un an par les opposants. Ceux-ci dénoncent le risque de contamination du site par des lixiviats, son état général déplorable et les infractions à répétition commises par GDE. «La ministre de l’écologie a compris que le site était totalement inexploitable. Nous avons d’ailleurs appris que l’exploitant lui-même avait déposé des recours contre plusieurs sous-traitants pour malfaçon auprès du tribunal de grande instance de Paris», affirme le conseiller des associations. Pour rappel, GDE détient la société de courtage pétrolier Trafigura, mise en cause dans le déversement des déchets toxiques du Probo Koala en Côte d'Ivoire.

 

Le retour de Pierre Lahoche

L’exploitant avait ainsi entreposé de façon illégale 1.856 tonnes de déchets de pneus en février 2014. A cette occasion, un médiateur –l’inspecteur général Pierre Lahoche- avait été désigné par le ministre de l’écologie d'alors, Philippe Martin. «Mais la publication de son rapport, au moment de la nomination de la nouvelle ministre de l’écologie, est passée à la trappe», se souvient Jacques Carles. Pierre Lahoche reprend aujourd’hui du service pour piloter la mission d’expertise sur le terrain. Avec les mêmes conclusions?

 



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