NKM, candidate à une capitale sans perturbateur endocrinien

Le 30 octobre 2013 par Marine Jobert
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NKM, candidate à la mairie de Paris.
NKM, candidate à la mairie de Paris.
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En campagne pour les élections municipales à Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet affiche l’ambition d’une capitale débarrassée des perturbateurs endocriniens. Les leviers d’action comme les idées sont peu nombreux, mais la candidate met sur le tapis un problème de santé publique peu connu du grand public.

Faire de Paris une capitale modèle en matière de lutte contre les perturbateurs endocriniens (PE). Vaste ambition, annoncée ce 30 octobre par Nathalie Kosciusko-Morizet à coups de propositions qui, si elles ne sont pas nouvelles, ont le mérite d’offrir une exposition (médiatique) aux PE, quasiment inconnus du grand public. La candidate UMP à la mairie de Paris recycle surtout des projets lancés par la députée –présidente du groupe Santé-Environnement à l’Assemblée nationale- puis par la ministre de l’écologie –qui a œuvré à l’intégration de la santé environnementale dans le Grenelle. «Je veux faire de Paris une ville référence pour l’exposition aux PE, en organisant un forum international en 2015 consacré à la lutte contre les expositions et des campagnes d’information en direction des enfants et des femmes enceintes.» Cinq leviers ont été identifiés: qualité de l’air intérieur, alimentation, information, biovigilance et eau.

 

De la bio à l’école

Dans les faits, mener une lutte effective contre l’exposition aux PE depuis la mairie semble surtout devoir passer par les cantines. La candidate affiche un objectif de 35% de produits issus de l’agriculture biologique en volume en 2020, et 100% pour les fruits et les légumes, en donnant la priorité aux producteurs d’Ile-de-France. Soit des ambitions plus grandes que celles affichées par le Grenelle (20% du volume) ou Bertrand Delanoë (30% en 2014), même si les deux arrondissements-phares en la matière (les IIe et Ve) atteignent aujourd’hui plus de 50%. Par quels moyens et avec quels moyens? Pas de détail. «C’est un petit peu plus cher, mais pas tant que ça. Dans ma ville de Longjumeau, on a pu le faire à prix constants», assure NKM.

Autre levier classique pour faire avancer la lutte contre les PE: l’information, avec des campagnes de sensibilisation et de prévention à destination des femmes enceintes, des puéricultrices et du personnel de santé, via notamment des partenariats avec les facultés de médecine. Un travail mené depuis quelques années par l’association Women in Europe for a Common Future (WECF) France, qui édite des brochures détaillées sur le sujet. Sur la pollution de l’eau potable, le contrôle pourrait être renforcé, «en ciblant la détection de nouvelles pollutions comme celles liées aux PE et aux médicaments».

 

Des matériaux moins émissifs en COV

C’est surtout la qualité de l’air intérieur qui focalise l’attention de la candidate, qui veut intensifier et systématiser les contrôles déjà en cours dans les lieux accueillant des enfants (institués par le Grenelle), voire permettre aux parents de déclencher des mesures en cas de doutes sur la qualité de l’air respiré. Les matériaux (meubles, revêtements, peintures, etc.) et le matériel scolaire acquis par les services de la mairie devront passer sous les fourches caudines de l’étiquetage le plus exigeant sur les composés organiques volatiles (COV). «Acheter des produits faiblement émissifs, ça n’est pas plus cher, assure NKM. C’est juste une question d’attention.»

 

Un métro mieux surveillé

Autre lieu d’exposition problématique: le métropolitain. Le Grenelle avait permis d’installer des stations de mesures dans trois stations du réseau (Auber, Châtelet-les-Halles, Franklin-Roosevelt): les concentrations en particules fines y sont parfois jusqu’à 7,5 fois plus élevées qu’à l’extérieur. NKM propose l’extension, «en partenariat avec la RATP et Airparif, de réseau de capteurs de mesures pour un affichage en toute transparence des résultats et des indices». Et d’insister sur les émissions induites par les systèmes de freinage et la nécessaire amélioration de la ventilation. Aucune évaluation des coûts n’est avancée et le financement par la mairie de Paris de nouveaux matériels roulants, de nouvelles ventilations ou du simple nettoyage des tunnels encrassés par des décennies d’utilisation ne semble pas à l’ordre du jour. «Le maire a vocation à se mobiliser sur les problèmes des Parisiens, comme le métro. Cela ne veut pas dire que la ville peut financer, mais qu’il faut en parler avec la RATP.»

 

Bus trop émetteurs bannis en 2020

Et le diesel, dans tout ça?... Nathalie Kosciusko-Morizet s’échauffe. «La mairie de Paris veut instaurer des péages pour empêcher les poids lourds de rentrer dans Paris? Mais quel sens cela a de revenir en arrière sur la taxe poids lourds et de réactiver l’idée à Paris? Je n’y crois pas.» Et d’ajouter que la pollution de l’air doit être considérée à l’échelle régionale, et pas intra-muros. NKM veut ressusciter les zones d’action prioritaires pour l’air (Zapa), enterrées en février dernier par Delphine Batho, qui estimait alors qu’elles posaient «un problème de justice sociale en touchant les catégories les plus défavorisées». Mais pas question de s’attaquer aux particuliers: ce sont les bus de tourisme (2.000 au plus fort de l’été) et les poids lourds qui devront adopter des critères d’émission restrictifs (norme Euro 1 à 4 d’ici 2017, et norme Euro 5 en 2020). «Cela laisse à chacun le temps de s’organiser.» Selon les chiffres fournis par la candidate, les poids lourds et les cars de tourisme contribueraient à hauteur de 31% pour les NOX, pour 17% des PM10 et pour 16% des PM 2,5.

 

 



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